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Orientales

Maroc: La peinture naïve au féminin

Khadija Alaoui, Libération (Casablanca), source : allafrica.com

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Trois femmes artistes révèlent leurs dernières créations à l'Institut français d'Agadir.

Il s'agit de Regraguia Benhila, Saâdia Sourour et Fatima Mellal.

La Journée du 8 mars permet de mettre la femme à l'honneur. C'est aussi ce que fait l'IF d'Agadir en proposant à ses visiteurs une très belle exposition dédiée à la peinture féminine, ou plutôt à la peinture naïve féminine.« Les peintres naïfs émergent dans un contexte de foisonnement artistique qui s'affirme à partir des années cinquante en ayant recours à un imaginaire propre, très réaliste, parfois surréalisant, constitué de leurs souvenirs d'enfance, de leurs diverses expériences ou de la culture populaire. Les couleurs sont joyeuses, chatoyantes, parfois violentes. Les toiles sont denses, l'espace entièrement occupé par les touches de couleur. », souligneAnne Potié, directrice de l'Institut français d'Agadir

Pour l'occasion, les organisateurs ont choisi de nous plonger dans la créativité foisonnante de trois artistes naïves. Chacune des trois artistes (Regraguia Benhila, Saâdia Sourour et Fatima) a suivi un itinéraire particulier. Chacune d'elles a su puiser dans son expérience et son parcours les sources d'une inspiration féconde. Ainsi, Regraguia Benhila qui a longtemps vécu à l'ombre d'un mari, a pu, à la mort de ce dernier, prendre son envol. Et si la broderie, le tissage et l'écoute des contes des Mille et une nuits avaient constitué son seul passe-temps pendant des années, elle a donné un nouveau tournant à sa vie, d'abord en apprenant à lire et à écrire et ensuite en découvrant que c'est par la peinture qu'elle pouvait exprimer le mieux ses sentiments et ses attentes. Et c'est bien sûr, Essaouira, la Cité des Alizés qui habite ses toiles. « Son trait, d'une grande expressivité et dénué de tout académisme, témoigne d'une sincérité émouvante et d'une incontestable générosité. Ses sujets de prédilection, tels la nature, l'amour, la liberté , rendent compte de sa recherche forcenée du bonheur », peut-on lire à son sujet. Ayant à son actif des expositions au Maroc, en France et en Espagne, Regraguia Benhila peut se targuer d'un travail original, d'une grande sensibilité.

La seconde artiste invitée à cette fête de la peinture féminine naïve est Saâdia Sourour. Cette artiste a commencé à peindre, en 2003, à l'âge de 60 ans, à la suite du décès de son mari. Ses premiers dessins augurent déjà de véritables prédispositions naturelles pour le dessin. Un trait franc, des peintures à l'huile ou à l'acrylique, aucune ébauche préalable et une grande facilité à peindre les sujets les plus divers, voilà ce qui caractérise Saâdia Sourour. L'artiste a un penchant tout naturel pour les couleurs vives et franches, les formes géométriques ou organiques. Elle intègre dans ses oeuvres d'autres matériaux, comme les morceaux de coquillages, le cuir, les matières végétales. Elle compte, à son actif, plusieurs expositions tant au Maroc qu'en Egypte.

La troisième artiste est Fatéma Mellal. Née à Tamelalt (dans la vallée des Gorges de Dadès), elle n'a jamais fréquenté l'école, se consacrant, dès son plus jeune âge, au tissage des tapis et des hanbalismes. C'est à l'âge de 30 ans qu'elle décide de peindre. Ses oeuvres seront exposées au Maroc, en Espagne, en Suisse et à Bahreïn. « Ses compositions, aux formes et aux couleurs brutes, dépeignent un monde imaginaire, à la fois naïf et surréaliste, inspiré de ses souvenirs d'enfance, des scènes du quotidien et des paysages du grand Dadès ».

Fatéma Mellal est aussi une artiste engagée qui soutient le développement de la femme amazighe, par le bais de l'Association Tamlalt. L'artiste, dit-on , a aussi créé une galerie d'art dans son village natal dans le but d'initier les femmes de son village à l'art plastique.

Chacune de ces artistes est conviée à partager son art et ses savoirs, avec des jeunes. Ainsi, Saâdia Sorour, par exemple, animera un atelier de peinture avec les élèves de Blaise Pascal, les 8, 9 et 10 mars pour réaliser un projet de fresque sur un mur de l'école. Fatéma Mellal, pour sa part, travaillera avec les élèves de l'école Jean-Jacques Rousseau, les 8, 9 et 10 mars.

Regraguia Benhila, quant à elle, est invitée à des échanges avec les élèves de deux classes d'arts plastiques du lycée Youssef Ben Tachfine.

Une table-ronde, initiée le soir même de l'exposition, se penchera sur l'art naïf et sur cette créativité des artistes issues du sud du Maroc.

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