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Artisanat marocain: état des lieux

Menara.ma

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Bien qu'il représente 19 % du PIB et fait vivre le tiers de la population marocaine, le secteur de l'artisanat, qui constitue un creuset de talents et une cheville importante de l'activité économique au Maroc, vit une situation de crise qui menace son existence.
Deuxième employeur après l'agriculture, l'Artisanat marocain traverse une période difficile au point où les professionnels du secteur parlent de "la disparition d'un savoir-faire ancestral", qui peine à attirer les jeunes, qui préfèrent se lancer dans d'autres métiers plus rémunérateurs.

En dépit de cette crise, qui se justifie notamment par le manque d'intérêt d'une clientèle traditionnelle (marocaine), plusieurs métiers artisanaux trouvent les raisons de se perpétuer grâce aux visiteurs étrangers, qui continuent à manifester un engouement pour le produit marocain.

Ils sont quelque 350.000 artisans à participer à la conservation de ce patrimoine culturel marocain par la transmission de pratiques traditionnelles, qui expriment toute une culture. Travaillant, pour la plupart, dans des ateliers exigus, en se servant d'un matériel désuet, ces artisans subissent des pressions provenant de la forte croissance des produits importés, qui s'accentue avec la mondialisation et l'évolution des relations commerciales internationales.

Les professionnels et les responsables s'accordent à souligner l'importance de la valorisation de ce secteur, notamment l'artisanat de production qui compte 70 métiers réalisant 800 millions DH d'exportations. "Les produits fabriqués, qui font l'objet d'un ancrage territorial fort, doivent non seulement être valorisés, mais également être compétitifs sur le plan international ", déclare à la Map, M. Abdelillah Hariky, chef de la corporation des artisans potiers (Lamine).

"Le contexte actuel de la mondialisation nous condamne à l'excellence d'où la nécessité d'améliorer les moyens de production, sans altérer le caractère traditionnel de l'artisanat", affirme-t-il, soulignant que les consommateurs marocains et étrangers exigent un produit authentique, portant la touche de l'artisan. L'amélioration des moyens de production, la mise en place d'un système de financement adapté au secteur, la baisse des prix des matières premières et l'apprentissage et la formation sont autant de mesures susceptibles de valoriser le produit de l'artisanat marocain et d'assurer sa pérennité, précise-t-il.

Lors de la dernière foire internationale de Lyon (du 18 au 28 mars 2005), les clients se sont montrés exigeants en ce qui concerne les formes de la poterie, indique M. Hariky, précisant que ce métier constitue un art en constante évolution. "Les poteries tunisiennes, qui avaient imité le design de Safi en jouant sur les formes, étaient très recherchées lors de cette exposition", dit-il.

M. Hariky souligne, par ailleurs, l'intérêt accordé par l'Etat tunisien au secteur et les différentes facilités dont il bénéficie, précisant que l'artisanat figure comme point essentiel dans tous les accords signés par la Tunisie avec d'autres pays. Pour Fennane Mohamed, artisan du fer forgé, il s'agit, surtout, de sauvegarder la transmission d'un savoir-faire qui "est en train de disparaître", d'où la nécessité d'ouvrir des centres de formation pour permettre la transmission du savoir et éviter sa disparition.

Beaucoup d'ateliers ne parviennent pas à payer les artisans, la période intense de production se situant entre mai et septembre, indique-t-il, appelant à l'organisation d'actions de promotion (spots publicitaires, manifestations diverses, ) pour faire connaître le produit artisanal marocain, aussi bien auprès du public marocain que des étrangers, nouer des contacts professionnels, valoriser les produits artisanaux et s'insérer dans les créneaux du marché international qui devient de plus en plus exigeant.

2-ème secteur employeur après l'agriculture
M. Fennane, converti depuis 10 ans dans le travail du fer forgé, affirme que les commandes dépassent souvent les capacités de production des ateliers, soulignant qu'il faut aider les artisans à améliorer leurs méthodes de gestion et leurs moyens de production afin de satisfaire une demande sans cesse croissante, surtout de la part des étrangers, et d'améliorer la qualité des biens et services offerts par le secteur.

Parlant avec passion d'un métier qu'elle exerce depuis près de 64 ans, Hajja Rahma, tisserande de tapis traditionnels, exprime son attachement à l'un des plus beaux arts marocains. "Même si des personnes considèrent que le tissage des tapis-mains est peu rentable du point de vue économique, pour moi c'est un travail agréable. Il faut le protéger, le soutenir et le développer", dit-elle, ajoutant que le tapis marocain a toujours la côte auprès du consommateur européen.

Les consommateurs estiment que la solution de la crise que vit le secteur passe nécessairement par la fidélisation des clients, en assurant un meilleur rapport qualité/prix. Pour Mme F. Nawal, seuls les artisans offrant de bons produits à des prix concurrentiels auront la chance de résister sur le marché, notamment international.

Le directeur de la préservation au département de l'Artisanat et de l'Economie sociale, M. Mohamed Saïri précise que l'Artisanat, tous métiers confondus, constitue au Maroc une force économique majeure. Il participe pour 19 % au PIB, fait vivre le 1/3 de la population marocaine et constitue le 2-ème secteur employeur après l'agriculture, rappelle-t-il.

Avant le protectorat, les corporations de métiers au Maroc contribuaient à la préservation d'une dynamique économique et une forme de cohésion sociale, souligne M. Saïri, ajoutant que les autorités coloniales ont cantonné l'artisanat dans l'aspect culturel, l'empêchant ainsi d'émerger comme une industrie.

Le développement de métiers spécialisés impliquant de nombreuses créations d'emplois constitue un facteur de relance et de dynamisme profitable à l'ensemble de l'économie. Les métiers artisanaux constituent, encore, pour beaucoup de familles rurales un complément de revenus, dit-il, soulignant que le secteur de l'artisanat constitue l'ossature de la société en Allemagne et la première industrie en France.
Les petits métiers est une force protectrice de l'économie contre les crises, estime M. Saïri qui précise que l'importance des petits métiers s'illustre parfaitement dans le cas de l'Indonésie où il a suffi d'une tempête financière, en 1998, pour balayer 30 ans de développement, car l'Etat avait oublié les petits métiers, qui par leur taille, peuvent se mouvoir, se restructurer et changer facilement de mode de production.

source: menara.ma
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