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Actualités

Rapport mondial sur le développement humain 2006 et l'INDH.

Soufiane Bouchakour allAfrica.com

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Notre monde est caractérisé par des extrêmes puisque, d'après le Rapport mondial du développement humain (RDH 2006) du PNUD, "les 40 % les plus pauvres de la population mondiale, à savoir les 2,5 millions de gens qui ont moins de 2 dollars par jour pour vivre, disposent de 5 % du revenu mondial alors que les 10 % les plus riches disposent de 54 % du revenu mondial ( )

cependant, plus de 800 millions de personnes souffrent de la faim et de la malnutrition, 1,1 milliard n'ont pas accès à l'eau potable propre et 1200 enfants meurent chaque heure de maladies évitables". Il est évident que dans plusieurs pays en voie de développement, l'accès à l'eau potable présente des difficultés

quotidiennes.

 

La moitié de toutes les personnes qui vivent dans les pays en voie de développement souffrent d'un problème de santé dû au manque d'accès à l'eau et de l'assainissement, ce qui constitue un frein à la croissance économique et par conséquent accentue les problèmes de pauvreté. En outre, chaque année, 1,8 million d'enfants meurent de diarrhée et 443 millions de jours de scolarité sont perdus en raison des maladies véhiculées par l'eau. Dans ce contexte, l'accès des pauvres à une eau salubre, l'élimination des eaux usées et la fourniture des systèmes d'assainissement constituent les basiques d'un développement humain durable.

 

D'après le même Rapport, le monde est loin d'atteindre les Objectifs du développement du millénaire (ODM) concernant, surtout, l'accès à l'eau et à l'assainissement puisque l'Afrique subsaharienne n'atteindra l'objectif relatif à l'eau qu'en 2040 dans un temps où les pays arabes accusent un retard de 27 ans.

 

*Le rapport recommande trois actions cruciales :*

 

- Faire de l'eau un droit de l'Homme et assurer, à ce dernier, au moins 20 litres par jour et les assurer gratuitement aux pauvres ;

 

- Mettre des stratégies nationales en matière d'eau et d'assainissement.

Dans ce cadre, les auteurs du Rapport mondial préconisent que les gouvernements devraient consacrer au moins 1 % du PIB à l'eau et à l'assainissement ;

 

- Augmenter l'aide internationale afin que les pays pauvres puissent mettre en place des stratégies nationales en matière d'eau et d'assainissement.

 

Certes notre pays a gagné une place dans le classement de l'Indice de  développement humain (IDH), mais la 123ème place est inacceptable pour un pays émergent comme le Maroc. Cette situation n'est que le résultat des contre-performances liées au déficit en matière de scolarisation et d'alphabétisation, d'accès à l'électricité, l'eau potable et à l'assainissement.

En effet, si le pays a réalisé de progrès notables en matière de production de services sociaux de base, le problème résidera au niveau de leur répartition équitable sur l'ensemble du territoire national (équité spatiale) et en terme de genre aussi (équité homme/femme). Malgré les efforts entretenus par le gouvernement et les différents programmes de rattrapage, notamment le PAGER (Programme d'alimentation groupée en eau potable en milieu rural), des centaines, pour ne pas dire, des milliers de Marocains sont toujours obligés de parcourir des kilomètres pour se procurer de l'eau et par conséquent privent les enfants de leur droit à la scolarité.

 

En outre, d'après le Plan d'action national pour l'environnement (PANE), les ressources en eau au Maroc connaissent une raréfaction de plus en plus accrue en raison de l'utilisation peu rationnelle et de la dégradation des réseaux d'adduction (qui conduit au niveau des villes à une perte de 35% des eaux livrées). A cela s'ajoute la problématique de la dégradation de la qualité des ressources en eau faute des rejets industriels et domestiques, produits phytosanitaires et engrais etc.

A ce niveau, nous sollicitons les efforts considérables du ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Eau et de l'Environnement, qui outre ses missions de veille, a entretenu une série de mesures synthétisées dans le PANE afin de sensibiliser les acteurs et les responsabiliser pour une meilleure gestion de cette denrée qui devient de plus en plus rare et qui a constitué à côté de  l'assainissement l'objet du Rapport mondial de développement humain (RDH 2006).

 

Si l'accès à l'eau et à l'assainissement est un indicateur de progrès humain (Rh 2006) et si Sa Majesté le Roi a qualifié la situation du développement humain au Maroc d'inacceptable, lors du lancement de l'Initiative pour le développement humain au Maroc (INDH), alors quelle corrélation peut-on faire entre ce Rapport avec l'INDH? Et quels messages les décideurs et élus locaux peuvent tirer de ce Rapport et les prendre en considération dans leurs actions quotidiennes de gestion des affaires locales?

 

Il est difficile de faire ou d'essayer de trouver une corrélation positive ou négative entre Rh 2006, qui est un rapport, avec l'Initiative nationale pour le développement humain, qui constitue un chantier de règne et un projet de société. Cependant, notre intérêt est focalisé, essentiellement, sur la nature des projets menés dans le cadre de l'INDH et leurs capacités à assurer un développement humain. Nous avons constaté que parmi les 1104 projets programmés en 2005, on énumère 570 ciblés en milieu rural et qui sont principalement destinés au soutien à la création des services sociaux de base.

Nous espérons que
dans le cadre du programme 2006-2010 de l'INDH, les collectivités locales concentreront leurs efforts afin de généraliser l'accès à l'eau potable et assurer aux enfants, surtout en milieu rural, les conditions de vie et de scolarisation, puisque malgré les efforts dans ce sens, le Maroc est toujours en retard (123ème) par rapport à certains pays voisins (Libye).

 

Les décideurs locaux et les élus doivent s'inspirer du dernier Rapport publié par le Programme des Nations unies pour le développement et ce, en focalisant leurs stratégies d'intervention en matière de développement local sur l'eau et l'assainissement, en adaptant les recommandations de ce Rapport aux contextes des territoires. A ce propos, nous signalons que tout projet élaboré dans ce sens pourra bénéficier de l'appui financier de cet organisme international et appuiera, par conséquent, les efforts déjà entretenus dans le cadre de l'INDH.

 

Tous les Marocains et les Marocaines sont appelés à utiliser rationnellement les ressources en eau afin de ne pas hypothéquer les chances de développement des enfants et des familles pauvres, qui vivent en milieu rural et dans les poches de pauvreté en milieu urbain. Les collectivités locales sont invitées à monter des projets concertés de territoire afin d'assurer un avenir durable à l'échelle de leur

territoire puisque les électeurs de demain ne sont pas ceux d'hier.

La population marocaine est très jeune et de plus en plus instruite et la durabilité de son développement peut constituer une atteinte à la
durabilité des élus au sein des communes. Dès lors, les élus sont appelés à mieux répondre aux besoins des générations présentes et futures et les outils d'intervention ne manquent pas. Le ministère de l'Aménagement du Territoire (MATEE), de l'Eau et de l'Environnement a déjà initié le programme Agendas 21 locaux destiné à renforcer les capacités des acteurs locaux y compris les élus.

 

Certes, c'est un programme pilote qui se généralise jour après jour sur le territoire national, mais, au lendemain de la publication du Rapport mondial sur le développement humain 2006, on a besoin de vivre une nouvelle génération des Agendas 21 locaux à l'instar de ce qui se passe en France. Le MATEE a fait le premier pas, mais c'est aux collectivités locales de porter le projet en évitant les défaillances du programme pilote et en se basant sur ses acquis.

Les enjeux de l'aménagement du territoire et du développement durable, exige la mise en place des Agendas 21 locaux mais cette fois-ci autour des axes précis. Espérons qu'un jour une collectivité locale donnée s'engagera à élaborer un Agenda 21 local autour de la question de l'eau, un deuxième Agenda 21 local autour de l'assainissement, autour de l'insertion des jeunes et l'emploi etc.

Dans l'attente, les territoires ont besoin d'une nouvelle génération "d'élus managers" qui gèrent les affaires du territoire comme une organisation en pleine mutation et progrès. A ce niveau, la responsabilité des partis politiques est très attendue dans le choix de leurs candidats et si ces derniers ne les disposent pas, il suffit de suivre la démarche de l'Union socialiste des forces populaires et s'ouvrir sur les forces vives et les jeunes cadres du pays.
Sources : www.Allafrica.com 

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