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Où sont passés les 40 millions de dh des 'Sons et lumières'

Badra BERRISSOULE : L' Economiste

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L'idée était bonne, pas le bonhomme. D'où des malversations ou plutôt grosse arnaque à Marrakech. Ce ne sont pas uniquement les fournisseurs mais aussi les autorités locales qui se sont laissé berner par le promoteur et fondateur du spectacle Sons et lumières à la Ménara, Héritage Vision.


Officiellement, c'est la fermeture annuelle, en attendant un climat plus doux.

Toujours officiellement aussi, “le management français cède la place à celui marocain, avec une réorganisation de l'entreprise qui rouvre ses portes prochainement”. Mais, l'entreprise est en grande difficulté aujourd'hui avec beaucoup de créanciers, du personnel licencié et non payé. Pour éponger les dettes, il est question d'une augmentation de capital, selon des proches de la société.

Moins de deux ans après son démarrage, cette société qui disposait d'un crédit large se retrouve au rouge subitement.

Henry Chabert, son président du conseil d'administration et fondateur, se serait fait la malle avec dans ses bagages une bonne partie de l'investissement (40 millions de DH). Aucune confirmation auprès des actionnaires. Chabert, ex-député et ex-adjoint au maire de Lyon, ne s'était pas trompé en 2002 en arrivant à Marrakech avec un projet bien ficelé (en apparence) pour créer un spectacle sons et lumières.

Objectif: promouvoir la ville de Marrakech et combler un vide au niveau de l'animation. Du coup, toutes les portes lui ont été ouvertes. Chabert a mis en avant un investissement étranger via la société Héritage Vision Company (Société française) pour entreprendre un projet grandiose de 40 millions de DH. Dans les faits, la société française a investi seulement 75.000 DH et a été le fournisseur qui s'est fait payer rubis sur l'ongle par l'entreprise marocaine.

L'histoire remonte à 2002. Première étape: Henry Chabert, patron de Héritage Vision France, crée une SA avec un apport de 75.000 DH. Il s'agit de Héritage Vision Maroc domiciliée d'ailleurs auprès d'une fiduciaire parce que le ministère de la Culture ne lui a accordé qu'une occupation temporaire.

Deuxième étape: quelques mois plus tard, Héritage Vision Maroc opère une augmentation de capital. En effet, via un tour de table auquel ont pris part de grandes sociétés, l'entreprise collecte 20 millions de DH. Près de 40% seront financés par Sotoram, soit 8 millions de DH. Citelum Maroc (filiale de la CDG) y mettra pour sa part 4 millions de DH. D'autres actionnaires miseront dans l'entreprise, selon leur taille. Mais le fondateur de l'entreprise n'apparaît plus parmi les actionnaires. En revanche, sa société française oui.

Troisième étape: grâce à ce tour de table ingénieux, Héritage Vision Maroc arrive à convaincre une banque, en l'occurrence la BMCI, de lui accorder un crédit de 20 millions de DH. Au total, la société dispose de 40 millions de DH pour faire un spectacle sur un site qui lui est presque offert.

Le seul actif de l'entreprise est le matériel son et lumière, installé sur le site. Il a été fourni par la société mère, Héritage Vision Company qui appartient à un certain… Henry Chabert. Encore une fois, aucun des actionnaires, et encore moins la banque, “ne se rendra compte que Héritage Vision Maroc ne présente pas des devis contradictoires pour ce genre de prestations et pour un investissement aussi coûteux”.

En difficulté aujourd'hui, l'entreprise et son promoteur ont plusieurs créanciers sur le dos. Certains ont porté l'affaire en justice, à l'instar de l'imprimeur Youssef Impressions. Dans le lot aussi, la Fiduciaire, MCG, qui a en souffrance près de 100.000 DH, un spécialiste de matériel de son, un restaurateur ainsi que d'autres petits fournisseurs. Pour certains, l'activité est presque gelée, en raison des impayés, à l'instar de ce propriétaire du petit train de Marrakech.

 

Une affaire en or
En quête de financements, Heritage Vision Maroc s'est vu en 2002 refuser l'emprunt sollicité par plusieurs banques. Motif: le business-plan n'était pas accompagné de devis contradictoires et le chiffre d'affaires prévisionnel était trop ambitieux. Certaines banques ont exigé la caution personnelle du président de la société.
 


La BMCI a accordé le crédit sollicité à hauteur de 20 millions de DH. En outre, le site de la Ménara lui a été offert sur un plateau d'argent car il s'agit d'une occupation temporaire gratuite pendant 10 ans!

 

Badra BERRISSOULE : L' Economiste  09/02/2005
source : 
http://www.emarrakech.info

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