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Chère, chère rentrée

Enquête :la nouvelle tribune - N°416 du 9sept. -04

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A peine les vacances terminées que les parents sont interpellés par la rentrée scolaire qui pointe du nez. Elle arrive et avec elle son lot de problèmes ou, du moins, de dépenses. Pour tous les parents, elle est synonyme de débours, de longues files d'attente dans les librairies, de questions administratives à régler, etc.

Les temps ont changé. La rentrée  scolaire  ressemble  de moins en moins à ce qu'elle était il y a une trentaine d'années. Si, avant, le mot école ne posait guère de problème, le choix étant restreint puisque les parents devaient, en fait,  opter pour le système de l’Éducation nationale ou celui des missions culturelles étrangères,  aujourd'hui, beaucoup d'enseignes ornent la place. Le secteur privé compte une centaine d'écoles. Les parents peinent à distinguer entre les véritables projets d'éducation et les intérêts commerciaux. D'où toute la difficulté que représente le choix de l'école. C'est ce qui justifie, peut-être, la ruée des familles marocaines vers les missions culturelles étrangères, souvent inaccessibles, en raison d’une inadéquation entre l'offre et la demande.

Point d'homogénéité

Une fois le choix opéré, l'enfant doit passer le test d'admission exigé par certaines écoles et dont les frais sont honorés à l'avance. Dès que l'enfant est admis, c'est un parcours du combattant qui démarre pour les parents avec toute la série de débours que cela suppose. Il faut compter, selon l'établissement choisi, entre 300 dirhams et 2700 Dhs / mois pour les frais de scolarité ; entre 150 Dhs et 1500 Dhs pour les frais d'inscription.  Il faudra payer en sus les frais de transport et de restauration (entre 300 et 600 Dhs) pour ceux qui optent pour la journée continue parce que leur activité ou l'emplacement de l'école le leur impose. C'est le cas pour Hind, dont l’enfant de 11 ans est scolarisé à la Colline (Sidi Maârouf), alors qu'elle habite à Belvédère). "L'école fonctionne en continu de 8h30 à 16 h. Cela me convient, puisque moi aussi je fais l'horaire continu. Seul bémol, c'est que l'école ne dispose pas de transport, donc je m'arrange pour déposer mon enfant  le matin et son père le récupère à 16 h parce qu'il a un travail libéral et, de ce fait , il peut se permettre de sortir de son bureau à sa guise, même si ce n'est pas toujours commode. Il ne prend jamais de rendez-vous entre 15h45 et 16h30."

Il est à signaler que la différence entre les tarifs sus-cités est notable. Ce qui nous rappelle, encore une fois, le fossé qui ne cesse de se creuser entre les différentes classes sociales.

En effet, le système éducatif est un indicateur réel de tout projet sociétal, c'est le reflet même du progrès de toutes nations. Or, ce que reflète notre processus d'éducation est une contradiction aberrante, entre un système d’Éducation nationale  plutôt chétif et inefficace et un secteur privé, qui ne semble répondre à aucune norme en terme de tarification, et qui tend dans certains cas vers l'arnaque. Certaines écoles encaissent au début de chaque année, des frais d'inscriptions qui varient entre 500 et 2000 Dhs et peuvent aller jusqu'à 4000 Dhs/enfant. D'autres, par contre se contentent des frais d'assurance qui sont, eux, obligatoires chaque année. C'est pour dire que chacun agit à son gré, applique les tarifs qui lui plaisent, démarre les cours quand cela l'enchante, dispose ou non d'une cantine, d'un transport scolaire ...
Force est de constater qu'il n' y a pas d'homogénéité dans ce secteur.


Communication absente

Par ailleurs, d'autres débours viennent s'ajouter à ces frais fixes. Les  parents doivent faire face aux tracas relatifs aux manuels et aux fournitures scolaires. Et là également la facture varie en fonction de la liste qui n'est pas uniforme. Les établissements de l’Éducation nationale ont pratiquement les mêmes manuels, même si cela a relativement changé depuis deux ans, parce qu'on se retrouve avec plusieurs variétés de manuels pour le même niveau scolaire, laissant ainsi le choix à chaque établissement et à chaque enseignant d'opter pour le manuel qu'il juge adéquat pour ses élèves. Il est à signaler qu'il n’y a pratiquement pas de différence en terme de prix, entre les divers manuels proposés. 

Ceci s'inscrit dans le cadre de la réforme du livre scolaire, mise en place par le département de M. Habib Malki. L'objectif étant le "rehaussement de la qualité pédagogique des livres scolaires, mais aussi le développement de la concurrence transparente entre les éditeurs, les auteurs et les créateurs", précise-t-on au ministère. Ce qui explique la baisse d'intérêt pour les manuels d'occasions. "D'un autre côté, les parents semblent un peu perdus, c'est pour cela que nous n'avons pas encore de pic de ventes, parce que contrairement aux années précédentes, les parents pouvaient se procurer les fournitures avant la rentrée, il suffisait de communiquer le niveau au libraire qui avait un manuel unique pour chaque niveau." explique un libraire au quartier Habous.

C'est dire que la réforme du manuel scolaire enclenchée depuis deux années pêche par un déficit en communication, notamment pour les  matières que le ministère vient d'intégrer, en l'occurrence "Technologie industrielle" et "Éducation familiale".

Facture salée

Il faut compter entre 450 et 700 Dhs entre la fourniture et les manuels, pour un élève de CE2, sans compter les frais du cartable  qui varient pour un élève du secteur privé entre 600 et 2500 Dhs. A ce titre, un cahier de textes 96 pages à spirales-17/22 cm est commercialisé, selon les marques, entre 12,50 et 25 Dhs, alors qu'un cahier piqué de 144 pages 70 g- 17/22 cm ne coûte qu’entre 8 Dhs et 10 Dhs.

Un marqueur est vendu environ 3 Dhs, alors qu'une colle liquide coûte près de 10 Dhs. "Nous octroyons des rabais de 10% sur les manuels en langue française pour les personnes qui achètent la globalité de leur liste chez nous.", explique une libraire. Certes, les écoles privées sont, en principe tenues de suivre les mêmes programmes de l’Éducation nationale, mais en pratique ces programmes ne sont là qu'à titre de complément. Par ailleurs, certaines écoles privées optent pour un système qui fait réellement le bonheur des parents.

A ce titre, certains établissements de la mission française, proposent la location de manuels scolaires, moyennant 500 Dhs par élève. "Ceci m'arrange et ne me coûte que 1000 Dhs par an, pour mes deux enfants. C'est le même tarif aussi bien pour ma fille qui est au collège que pour son frère qui est au primaire", explique Hassan.

D'autres écoles privées proposent encore mieux, les frais de scolarité et d'inscription intègrent les manuels et la fourniture.  "Pas de file d'attente, pas de manuels en manque, l'unique effort que nous avons à fournir, c'est l'achat du cartable." déclare un parent d'élève.  S'ils ne disent mot quant au choix des manuels et même de la fourniture,  les enfants sont souvent intransigeants quant au choix du cartable. Entre Harry Potter, Shrek, Pokemon, Barbie, Mickey ou encore Daisy, chacun à son idole. Pour cela il faut compter un minimum de 200 Dhs.

Tarification des manuels de l’Éducation nationale pour 2004-2005

 Primaire

 - Éducation islamique (niveau 3e) : une variété de 3 manuels est proposée aux élèves avec un tarif unifié de 9,60 Dhs. Idem pour le niveau de la 5e.
- Mathématique (niveau 3e) : 3 ouvrages sont proposés. Les tarifs se situent entre 13,45 Dhs et 4 Dhs. Pour la 4e année et la 2e année un seul livre est proposé au tarif de 12,60 Dhs pour le premier et 13,45 pour le second.
- Langue arabe (niveau 3e) : deux types de manuels sont proposés à un tarif unique de 23,05 Dhs
- Langue française (niveau 3e) : deux ouvrages sont commercialisés au prix de 19,95 Dhs.

Secondaire
- Technologie industrielle (niveau 1e) : un seul manuel est proposé  à 15,85 Dhs. Pour la 2e année, deux types sont proposés au même tarif : 15,10 Dhs.
- Éducation familiale (niveau 1e) : deux ouvrages sont proposés à un tarif unique : 10,80 Dhs. Alors que pour le niveau de 2e, seul un ouvrage existe. Il est commercialisé au prix de 12,95 Dhs.
- Éducation musicale  (niveau 2e) : deux ouvrages existent. Ils sont proposés à un tarif unique de 17,20 Dhs.


Si on additionne tous ces frais, la facture s'avère vertigineuse.
Bref, la rentrée scolaire représente une forte pression pour la bourse des parents toutes catégories socioprofessionnelles confondues. Elle demeure toutefois synonyme de joie et d'allégresse pour les enfants.

L.O.
source :
la nouvelle tribune N°416 du 9sept. -04

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