onglet_artsouk onglet_artsouk

 

aouinet-torkoz1.gif

Géographie

Sahara ; Qui connaît la commune d’Aouinet-Torkoz ?

Mohamed Ezzouak – Yabiladi.com

Réf : 519

Visites : 4594

En pleine région saharienne, parfois sous un soleil pesant, à seulement 50 kilomètres à vol d’oiseau de Tindouf, Aouinet-Torkoz est une commune peu connue des marocains mais qui a une longue histoire et une renommée importante auprès des naturalistes et scientifiques français et étrangers.

Aouinet-Torkoz a accueillie la première station de recherches présahariennes à l’époque du protectorat français au Maroc fondée par Jean Bertrand Panouse. Les spécificités climatiques de la région, la faune et la flore riche et exotique, une géologie propice aux études sismiques ont en fait une base de recherche estimée par beaucoup de scientifiques.

Laissée à l’abandon ces dernières décennies, sa grandeur passée vient de refaire surface grâce au concours de naturalistes et chercheurs français et marocains.

Le 23 Mai 2004, les nouveaux locaux de la station de recherche d’Aouinet-Torkoz étaient inaugurés officiellement par ce groupe de naturalistes, de scientifiques, les autorités locales, le gouverneur de la région … La première chaîne de la télévision marocaine couvrait l’événement.

La population locale a également été de la fête avec un accueil chaleureux des habitants dans la grande salle El Gor. Détail intéressant, cette salle El Gor a été construite par les membres de la Tribu de Torkoz vivant à l’étranger.

Un autre projet verra le jour, lequel profitera directement aux écoliers de la région : une bibliothèque du village. Elle est née de la soif de lecture dont ont témoigné les enfants de cette région. Les naturalistes français ont ainsi été agréablement surpris de l’engouement de ces jeunes pour les livres scientifiques relatifs à leur région et aux espèces animales qu’ils côtoient.

Pour revenir à la station de recherche, son domaine de compétences s’étendra aux études liées à l’observation de la désertification, à la sismologie, la géologie, la botanique, la zoologie, dont l’entomologie, l’arachnologie (ndlr : l’étude des scorpions notamment), l’ornithologie, l’herpétologie (étude des amphibiens et reptiles), la mammalogie…

La faune de la région recèle en effet les derniers représentants d’espèces animales d’origine sahélienne :

- Gazelles de Cuvier
- Gazelles Dorcas
- Mouflons à manchettes
- Lynx Caracal
- Hyènes rayées …

Une espèce de vipère très rare au Maroc existe aussi dans la région sous forme d’une petite population, il s’agit de l’Echide à ventre blanc (Echis leucogaster) appelée parfois « vipère des pyramides ». Ce serpent est une véritable relique tropicale. En général les différentes espèces de serpents quant à elles ont subit une importante éradication ces dernières années occasionnant des déséquilibres visibles dans l’ordre naturel, tels que la pullulation spectaculaire des Psammomys obèses ou « rats des sables » de Guelmin à Tantan.

La phobie répandue envers ces reptiles et les mythes colportés autour de cet animal menacent aujourd’hui la survie d’espèces totalement inoffensives comme le serpent mangeur d’œuf (Dasypeltis scabra), une autre relique tropicale rarissime au Maroc.

En cause est également l’habitude des Aïssaoua qui forts de leur don dans le pistage et la capture des serpents viennent capturer des espèces aujourd’hui en voie d’extinction pour les revendre à Marrakech par exemple. Ils mettent ainsi la main sur les derniers spécimens de vipères heurtantes (Bitis arietans) et de cobras (Naja haje legionis) du Maroc…



Enfin il est à noter que cette collaboration scientifique franco-marocaine ne s’arrêtera pas à l’inauguration de la station de recherche. Elle continuera sous forme d’une association qui sera créée en France très bientôt.

Mohamed Ezzouak – Yabiladi.com
aouinet-torkoz2.gif
 

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés