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Actualités

L'investissement socialement responsable (l'ISR)

Artsouk / Partie 2

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L'Investissement Socialement Responsable, une histoire de latex

 

Le principe de base de l'Investissement Socialement Responsable (ISR) autrement appelé "finances éthiques" est plus que simple :

Il s'agit de répondre à la demande de personnes possédant, par le biais de leurs avoirs bancaires, des actions d'entreprises. Ces personnes ont pour spécificité de ne pas accepter que les entreprises - qu'elles possèdent et donc soutiennent - agissent à l'encontre de leurs principes moraux personnels.

 

Exemple réel : Nous sommes dans les années 70. Lisant, par un beau matin, les courriers de la succursale bancaire gérant son compte, la responsable d'une congrégation religieuse s'aperçoit que l'argent de sa congrégation est investi, par le biais de son portefeuille d'actions, dans des usines de latex. Horrifiée d'apprendre que son argent servait à produire des gants mapa et des préservatifs (l'histoire ne dit pas ce qui la scandalisait le plus), elle prit rendez-vous avec son banquier et lui tint à peu près ce langage : "je veux que mon argent que je place chez vous n'aille pas dans des entreprises que ma morale réprouve".

 

Bien sûr, l'exemple ci dessus concerne surtout les personnes s'opposant à l'utilisation des gants mapa. mais le principe est le même pour ceux qui refusent que leur argent aide l'armement, les activités polluantes, le tabac, l'alcool, la corruption....En bref, les oppositions sont aussi variées que les codes moraux (soit six milliards au dernier comptage).

 

L'Investissement Socialement Responsable n'est rien d'autre que la demande de la mère supérieure bretonne appliquée en amont pour des demandes de milliers d'épargnants. C'est-à-dire qu'il correspond aux banques adoptant l'analyse suivante  "Concernant les clients désirant que leur argent respectent leurs valeurs, nous allons préparer des placements tout prêts. De cette façon, ils ne nous feront plus de réflexions désagréables et surtout surtout n'auront pas l'idée saugrenue d'aller chercher leur bonheur dans un autre établissement".

 

Le fonctionnement est le suivant :

Une société de gestion (c'est-à-dire l'émanation d'une banque, chargée de gérer l'argent déposée par les clients de celle-ci) demande à une agence de notation sociale et environnementale (par exemple Core Rating, Vigeo, Ethybel, Innovest, SAM...) de lui dire quelles entreprises cotées ont une bonne note sociale et environnementale.

 

Les sociétés de gestion intègrent ensuite les entreprises les mieux notées par les agences dans des portefeuilles d'actions ISR (autrement appelés "portefeuilles d'actions éthiques") qu'ils proposent ensuite dans leurs petites agences à leurs clients (ou dans les grosses agences à leurs gros clients)

 

Le système présente aujourd'hui un certain degré d'opacité ("vaste bordel" est même le terme fréquemment utilisé par nombre d'observateurs) pour plusieurs raisons centrées autour d'une principale : la très grande divergence des avis sur ce qui peut aujourd'hui être considéré comme un "bon" ou un "mauvais" comportement social ou environnementale d'une entreprise.

 

Les référents sont en effet particulièrement nombreux sur ce qu'est un bon comportement d'entreprise. Chacun cherchant à apporter sa propre réponse :  une douzaine d'Etats ayant défini des normes leur permettant de d'affirmer : "un bon comportement d'entreprise, c'est comme ça", l'Union européenne déclarant pour sa part  "non, c'est plutôt ainsi", l'OCDE par ces principes directeurs, répliquant  "mais non enfin, c'est comme ça". Ce à quoi, des acteurs de la société civile regroupés dans des organismes très divers (nationaux ou internationaux, regroupant des entreprises, des ONG, des syndicats ou les trois) répliquent "nous sommes les premiers concernés et c'est ainsi en fait"  et les Nations Unies devraient pour leur part déclarer dans les mois à venir "un peu de silence, un s'il vous plaît. C'est comme ça et c'est tout".

 

Cette liste est non exhaustive et surtout cette présentation simplifie peut-être à l'extrême le problème (tous les codes de conduites cités n'ont pas le même objet et certains sont réellement complémentaires) mais disons qu'il y a plusieurs dizaines de réponses différentes à la même et très centrale question "à partir de quel comportement peut-on considérer qu'une entreprise est "bien" sur des critères environnementaux et sociaux ?".

 

(Ce passage en revue des prises de positions pragmatiques laisse par conséquent de coté ceux dont la position pourrait se résumer à "une bonne entreprise est une entreprise morte".)

 

 

Quelles conclusions en tirer pour le lecteur de ce texte ? :

 

Le paragraphe suivant propose une lecture pour la catégorie spécifique des personnes envisageant de travailler dans le secteur du développement durable et se posant la question suivante : "Quels sont les intérêts d'une candidature dans une agence de notation sociale et environnementale ?"

 

Intérêts égoïstes :

C'est probablement le secteur lié à la responsabilité sociale de l'entreprise dont le taux de recrutement sera le plus important dans les années qui viennent. La demande d'ISR sur les marchés financiers français devrait en effet considérablement augmenter dans les années à venir, notamment pour les raisons suivantes :

 

- La loi Fabius sur l'épargne salariale encourage très vivement son développement.

 

- Le marché français de l'ISR (0,16% des produits financiers en 2002) est sous développé par rapport au marché américain (5 à 12% des produits financiers américains selon ce qu'on considère comme ISR).

 

- Les ISR ont montré qu'ils étaient plus stables (moins de chute brutale du cours) que les produits financiers classiques dans les périodes de crise boursière.

 

- Plusieurs investisseurs attendent la fin de la dite crise boursière actuelle pour investir notamment dans les agences.

 

Compte tenu de  ce développement et du nombre d'acteurs concernés (à peu près tous les acteurs existants : Entreprises, Syndicats, Etats, ONG, Institutions internationales...), une expérience de ce genre devrait très bien se revendre sur le marché de le travail dans quelques années.

 

Intérêts altruistes :

Il est très difficile de dire aujourd'hui si ce que font les agences permettra d'aller dans le bon sens (c'est à dire le seul objectif réellement important : l'amélioration des pratiques sociales et environnementales des entreprises dans les années qui viennent).

 

Il est possible notamment que certaines pour développer le marché cherchent à simplifier au maximum les conditions sociales et environnementales mais dans tous les cas, une expérience dans ce type d'organismes permettra aux bonnes volontés (amen) de pousser les choses dans le bon sens soit pendant cette expérience soit après.

 


Deux sites référents en France sur ce sujet :

http://www.novethic.fr   (particulièrement bien vulgarisé)

http://www.sri-in-progress.com   (plus spécialisé)

Sources : http://www.responsabilite-sociale.com  

 

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