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La responsabilité sociale, une histoire de leviers

Artsouk / Partie 1

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"Développement durable", "éthique de la mondialisation" ou "économie citoyenne"...quelque soient les termes utilisés, ces dernières années ont donc vu se multiplier les initiatives autour du thème de la responsabilité sociale et environnementale de l'entreprise.

Administrations, entreprises, syndicats, organisations non gouvernementales, chaque acteur semble vouloir apporter son obole.... et il n'est pas toujours facile de s'y retrouver parmi les multiples initiatives.

 

Une possibilité est de  distinguer au moins trois grandes catégories de réponses à une simple question " Comment faire en sorte que les entreprises prennent dorénavant en compte leur impact social et environnemental dans leurs pratiques ? ". Chacune des réponses possibles correspond à un levier d'action sur les pratiques des entreprises :

 

Levier consommation : Par définition, une entreprise suit les tendances du marché. Il suffirait donc de convaincre le consommateur d'exiger une bonne qualité sociale et environnementale des produits qu'il achète pour que les entreprises changent leur mode de production.

 

Plus concrètement, si l'on imagine qu'un jour dans les hypermarchés, chaque produit soit disponible sous deux références, une garantissant  le respect de critères sociaux et environnementaux, l'autre non, il est plus que probable que même à différence de prix, le choix de la majorité des consommateurs se porterait sur les produits certifiés. 

 

La réalité est bien sur infiniment plus complexe puisque cette situation nécessiterait non seulement l'adaptation des filières de contrôles existantes à l'ensemble des produits mais également un développement exponentiel de la notoriété et de la crédibilité de ces contrôles. 

 

C'est dans cette grande catégorie que l'on peut classer l'ensemble des labels et des filières garantissant une meilleure qualité sociale et environnementale de produits que ces labels et filières soient opérationnels (produits du commerce équitable : Max Havelaar, Artisans du Monde, STEP ou produits du tourisme équitable...) ou en construction (le collectif de l'éthique sur l'étiquette et sa volonté d'un label social).

 

Levier investissement : Un autre levier consiste à informer les actionnaires (statutairement les premiers décideurs des actions d'une entreprise) de la possibilité de privilégier des investissements dans des sociétés ayant un bon comportement "moral" (ce terme étant aussi subjectif dans la vie économique que dans celles de tous les jours).

 

En terme d'initiatives, il s'agit ici de "vérifier" le bon comportement d'entreprises et non plus de produits

 

Les agences de notation sociale et environnementale sont au cœur de ce système. Elles se proposent d'attribuer des notes ou des classements aux entreprises cotées. Les banques n'ayant plus qu'à se baser sur ces appréciations pour proposer à leurs clients des produits financiers "éthiques" ("Investissement Socialement Responsable" étant le terme le plus repris aujourd'hui).

 

Les produits financiers solidaires apportent généralement la même garantie mais avec la certitude complémentaire qu'une partie de l'argent placé par l'épargnant sera investie dans des projets à très forte valeur ajoutée sociale (entreprise d'insertion, importateurs de commerce équitable, développement économique d'associations...) ou environnementale (énergies renouvelables...).

 

Levier législatif : Face au développement des initiatives volontaires de responsabilité sociale, de nombreux acteurs ont adoptés une logique particulière : Peut-on uniquement parier sur la prise en compte de la qualité sociale et environnementale dans les actes d'achat des consommateurs ?

 

En effet, rien n'est plus volatile qu'une tendance de consommation. Produits lights, ethniques, minimalistes, individuels, génériques, discounts...les grandes envies du consommateur se succèdent années après années quand elle ne durent pas le temps d'un été...

 

Ne risque t'on pas de voir s'effondrer ce mouvement naissant à la première récession voire même à la première perte de crédibilité de l'un de ses acteurs ?

 

Plus sûre est la certitude que cette période de bonne volonté générale est idéale pour graver dans le "marbre de la Loi" les bonnes résolutions. Perfectibles, les contraintes législatives n'en sont pas moins des garants pérennes de réel changement de pratiques.

 

Les initiatives autour du cadre législatif peuvent être issues d'Etat, d'Organisations Internationales ou d'acteurs de la société civile. Il est particulièrement important de bien distinguer les initiatives visant la mise en place d'un cadre contraignant (demande des Amis de la terre d'un cadre législatif international contraignant, diverses lois "pollueur payeur"...) de celles visant à accompagner les bonnes pratiques (Loi française sur les Nouvelles Régulations Economiques instituant une obligation d'information des entreprises sur leurs pratiques sociales et environnementales).

 

 

Et demain ?

 

Ce foisonnement est logique, il ne fait que répondre à la fois à des enjeux formidables et à l'infinie complexité de la question.

 

Il peut réellement changer les choses : l'impact de l'économie est telle aujourd'hui que nul ne doute que si demain chaque entreprise prend en compte l'intérêt général dans son impact social (politique salariale, liberté syndicale,) et environnemental... c'est le sort de milliards d'être humains et de l'ensemble de l'écosystème qui en sera amélioré.

 

Il peut devenir un piège : si les consommateurs sont enthousiastes devant le principe, ils risquent d'être perdus dans la mise en œuvre si ils ne peuvent identifier clairement demain les produits et entreprises responsables.

Formidable changement de société ou espoir bientôt retombé, l'une des rares certitudes aujourd'hui est que la réponse ne sera pas tant dans le volume d'actions en faveur d'une bonne pratique sociale et environnementale des entreprises que dans la bonne articulation entre les différentes initiatives.

 

D'après l'article "une question, trois approches...des milliers d'initiatives", Jean-Philippe Teboul, newsletter Amis de la Terre 2003

 

Sources : http://www.responsabilite-sociale.com  

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