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Tourisme

Moussem des fiançailles d'Imilchil

source : aidda.com et imilchil.com

Réf : 482

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Revenons à cette histoire d’amour qui tient en haleine les romantiques autant que les épris d’aventures et d’extravagance. Les larmes de Tislit à l’instar de Juliette séparée de son bien-aimé Isli, comme le fut Roméo, alimente le lac qui surplombe les deux chaînes, le Haut Atlas et le Moyen Atlas.

Pure affabulation, vous diront les experts, car Izli ( avec Z emphatique) autant que Tizlit, signifient respectivement en vieux Amazigh lac et petit lac. Qu’importe, il est des glissements de sens plus beaux que la réalité. Imilchil est un rendez vous d’amour. Qui s’en plaindra.
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Le moussem d'Imilchil a acquis une renommée internationale qui en fait aujourd'hui un lieu de pèlerinage touristique.

À la fin de chaque été, depuis la nuit des temps semble-t-il, une vallée perdue du Moyen-Atlas à 2 000 mètres d'altitude connaît une curieuse animation. Curieuse, car au-delà des échanges commerciaux, les femmes choisissent parmi les célibataires ceux qui deviendront leurs maris pour une année (si mésentente conjugale il y a) ou pour toute la vie.

Ainsi, dans le petit village d'Aït Ameur, à une vingtaine de kilomètres d'Imilchil, le désormais mondialement célèbre moussem des fiancés est l'occasion pour toutes les tribus berbères de se retrouver avant la période des neiges qui les coupera du reste du monde, des mois durant.

Le moussem se tient chaque année, fin septembre, sur les hauteurs du Grand Atlas.

Profil du Saint Marabout des Aït Hdidou :
Aucune source populaire ou historique n'a pu préciser ni la date ou l'époque d'arrivée de cette personne dans cette région, ni la vénération dont il a été l'objet par les populations locales. Cependant, d'après les personnes âgées de la tribu des Aït Hdiddou, Sidi Ahmed Oulmaghni descend d'une famille de la Dynastie Idrisside.

Il est venu de Laâyoun dans la région d'Oujda, au Maroc Oriental, et s'est installé au sein de cette tribu. Pendant les périodes ou sévissait la sécheresse, les bergers sollicitaient sa Baraka qui alimentait leurs troupeaux. La légende raconte que les chameaux et les autres bêtes qui se reposent et passent la nuit à l'actuelle place du moussem s'engraissent du jour au lendemain sans qu'il y ait d'herbe sur place. La mémoire des Aït Hdiddou garde toujours l'histoire orale de ce saint dont le corps a été retrouvé non décomposé suite à la découverte d'une lumière qui émanait de sa tombe, et des lors les habitants se rassemblaient annuellement autour de sa tombe en signe de reconnaissance à la Baraka de ce grand Saint.

Origine des tribus des Aït Hdidou :
C'est au 17 ème siècle, sous le règne du sultan My Ismaïl, que les Aït Hdiddou s'installèrent dans la haute vallée de l'Assif Melloul à 2000m d'altitude. Ils arrivèrent dans un mouvement migratoire Sud/Nord ou Est/Ouest et se distinguent de leurs voisins montagnards par le mode de vie et la langue, vivant essentiellement de l'élevage et la pratique de l'agriculture comme une activité secondaire.

Les Aït Hdiddou s'opposent à leurs voisins berbères qui sont totalement sédentarisés et qui vivent, avant tout, d'une agriculture intensive aux techniques bien maîtrisées. Ils parlent également le TAMAZIGHT et non TACHELHIT, comme dans tout le Haut Atlas Central, Oriental et le Moyen Atlas.

Après une période de lutte acharnée contre Aït Atta, les Aït Hdiddou, fraction de la confédération des Aït Yafelman, purent enfin construire leur premier village : AGOUDAL.

A ce propos, il est important de noter que si les deux fractions des Aït Hdiddou (Aït Yaazza et les Aït Brahim) ont su préserver intacte, leurs traditions séculaires et élaborer entre elles un certain nombre de rapports sociaux, tels les liens de la parenté par mariage, elles ont chacune, à sa manière, codifié des rapports spécifiques avec le monde extérieur.

Mariage des filles chez les ait Hdidou au Maroc :
 Fortes ressemblances et infimes différences marquent ainsi la symbolique sociale chez ces deux fractions soeurs, qui forment la tribu des Aït Hdiddou. Cette opposition entre ouverture et conservatisme se manifeste surtout et en particulier dans le mariage.

Ce qui nous amènera à parler du célèbre Moussem des fiançailles. Si les Aït Brahim, sous l'influence du protectorat ont modifié les formes de leur mariage, de collectif en individuel, les Aït Yaazza sont par contre restés fidèles à la forme antérieure (mariage collectif). On pourrait s'étonner de cette persistance chez la fraction que nous avons vue comme la moins conservatrice. Ce paradoxe pourrait être imputé au besoin "historique" d'identification des Aït Yaazza au sein de la grande famille des Aït Hdiddou. Le mariage collectif apparaît donc comme un "vestige" des temps anciens du mode de vie agro-pastorale.

Après une année de labour et après les moissons et les cueillettes, la commémoration du Moussem du Saint Marabout Sidi Ahmed Oulmaghni couronne une période dont elle annonce l'achèvement et ouvre l'horizon d'un nouveau cycle que chacun se souhaite meilleur que les précédents.

Pour la tribu des Aït Hdiddou le Moussem d'Imilchil n'est pas un simple événement c'est un rassemblement à triple vocation : commerciale, sociale et religieuse.

Sans nous attarder sur les détails, tout vivant, le moussem avec ses divers quartiers est là. Au cours de cette même journée on a eu l'occasion d'assister à la cérémonie des Fiançailles avec toutes sortes de formalités que cela suppose.

Cinq jours durant l'ahidous et des traditions ancestrales formeront la trame de cette union. En effet, lors du premier jour, les envoyés du mari dits "ISNAYEN" au nombre de 10 (5 hommes et 5 femmes) se tendant à la maison de la mariée munies d'un trousseau modeste et de cadeaux de mariage entre autre un mouton et une grande galette dite ABADIR que les ISNAYEN découpent sur les lieux de la cérémonie en petits morceaux et distribuent aux assistants au mariage.

Ils sont accueillis chaleureusement par les invités de la mariée. Bientôt la grande cérémonie du henné commence.

Un groupe de femmes entoure la mariée et entame le fameux rituel du henné. Une femme âgée usant d'un flocon de laine imbibé de henné, marque la mariée au niveau de quelques articulations en commençant par le côté droit se servant d'un fil de laine en entrelacs, elle relie à la base des doigts des deux mains de la mariée (IZELOUMEN) celle-ci est ensuite vêtue d'un habit blanc du mari (AQUIDOUR).

Pour la coiffure, les cheveux de la mariée sont peignés et enroulés en forme saillante appelée communément (ABOUY). Son visage est alors voilé d'un foulard en soie dit TASBNIYETE et un collier en ambre dit LOUBAN est mis autour de son cou.

Une couverture simple dit IZAR est agrafé avec des fibules dit "TISOUGHNASSE". Une fois la mariée chaussée de Babouches TIKOURBIYINE et embellie par quelques retouches esthétiques le rituel du henné prend fin, vient ensuite l'étape de départ.

Le père de la mariée invite sa fille à marcher sur la pan de sa cape (BURNOUS dit AZENAR) jusqu'à sa monture : une mule qui la transportera jusqu'à sa nouvelle demeure. Il  portera derrière la mariée un petit garçon pendant qu'une vielle femme suit en tenant la mule par sa queue.

Le cortège accompagnateur protégé par les envoyés du mari doit vaincre la résistance livrée par les habitants du Ksar d'origine de la mariée qui s'opposent énergiquement à son départ.

Arrivée à destination, le cortège fait le tour du Ksar 3 fois en exhortant les saints locaux d'accorder leur bénédiction à la nouvelle mariée, celle-ci accède enfin au domicile conjugal.

En dernier lieu et avant de devenir définitivement membre du foyer accueillant, la mariée un petit enfant au dos, un seau plein de dattes à la main se rend au point d'eau, distribue le contenu de son seau qu'elle rempli d'eau avant de rentrer chez elle.

La mariée tient un agneau aux bras et toujours le petit garçon au dos tous sur la mule jusqu'à sa nouvelle demeure.

Cérémonie du mariage des filles berbères au Maroc :
Après le consentement des futurs époux, les familles procédant aux formalités du mariage, c'est ainsi que les parents du jeune homme demandent la main de la jeune fille désirée par leur fils.

L'établissement de l'acte du mariage peut se faire immédiatement, comme il peut être reporté jusqu'à la tenue du moussem. Le jeune époux ou son tuteur offre une dote symbolique à sa future femme, alors que le père de la fille se charge de l'achat de ses habits durant la 1ère année.


Toute la tribu manifeste sa joie en participant à la cérémonie du mariage, caractérisée par les chants et danses pendant cinq jours de fête.
Les invités peuvent se réjouire  de toute sorte de plats typiques des Aït Hdiddou, et particulièrement les différentes sortes de pain.

sources : http://www.imilchil.com

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