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Les marocains

La lèpre sévit toujours au Maroc. Un mal d’un autre siècle

Rachid Sami / source : Maroc-hebdo

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Le département de la Santé chiffre le nombre des lépreux à 800.

Les régions rurales montagneuses et les personnes démunies sont les plus exposées à la lèpre.

Les lépreux ont toujours été l’objet de ségrégation.

La lèpre, maladie connue depuis l’antiquité, sévit encore dans plusieurs régions du monde, dont le Maroc. Certes, cette maladie infectieuse et contagieuse est en nette régression mais il n’en demeure pas moins vrai que le nombre des lépreux dans le monde reste encore élevé. 800.000 cas selon l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). L’Afrique noire occupe le deuxième rang après l’Asie en terme de prévalence de la lèpre (10 pour 10.000 habitants).

Selon l’OMS, les personnes handicapées par la lèpre sont actuellement estimées à 2 millions. L’organisation estime que la lèpre devient un problème de santé publique dans un pays ou dans une zone lorsque son taux de prévalence est au moins supérieur à 1 cas pour 10.000 habitants. Au Maroc, la lèpre sévit surtout dans les régions rurales montagneuses enclavées et touche particulièrement les populations à bas niveau socio-économique. Les régions les plus touchées sont Sidi Kacem, Larache et Chaouen.


Régression

Le nombre des lépreux suivis par des soins dans le pays s’élève à 800 cas. Selon des statiques du département de la Santé, l’incidence cumulée est passée de 0,80 pour 100.000 habitants en 1981 à 0,32 en 1999.

La prévalence est passée de 32 pour 100.000 habitants à la fin de 1990 à 3,82 pour 100.000 habitants en fin de 1999. Constat: La lèpre est donc en nette régression. Mieux : Le Programme national de Lutte contre la Lèpre (PNLL) prévoit l’éradication totale de cette maladie d’ici 2010. Pour rompre la chaîne de transmission de la maladie, ce programme a mené sur le terrain 55 enquêtes régionales et nationales de dépistage de masse. Des enquêtes qui ont intéressé de 1972 à 1998 près de 600.000 personnes.

L’unique hôpital spécialisé dans le traitement de ces malades est le Centre National de Léprologie à Casablanca, lequel centre accueille actuellement 110 patients. Les patients du centre sont à 90% des adultes et à 70% de sexe masculin.
Des enfants figurent aussi parmi par cette population lépreuse. Ce qui explique l’existence d’une classe d’enseignement fondamental. Initié en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale, ce programme vise à assurer une scolarisation normale et régulière à ces enfants touchés par la maladie. Ce centre qui existe depuis 1962 a enregistré durant l’année 2001, 74 nouveaux cas de lèpre.


Surveillance

Chacun de ces patients nécessite obligatoirement une hospitalisation de trois mois. Durant cette période, les malades subissent un traitement de polychimiothérapie. C’est seulement après ces mois d’hospitalisation, que le patient suit une monothérapie avec surveillance de deux à cinq ans. Ce traitement révolutionnaire à base de polychimiothérapie n’a commencé à être appliqué au Maroc que depuis 1982 et depuis lors, il n’y a pas eu de cas de récidive. C’est un traitement accessible à tous les malades et il ne coûte que 600 Dirhams par an. Au Maroc, il est fourni gratuitement par le ministère de la Santé.

Cette prise en charge par l’Etat est aussi soutenue par des ONG comme L’aide aux lépreux Emmaüs-Suisse (ALES).
Une ONG suisse qui couvre 120 projets dans le monde. Présente depuis1964, cette ONG a toujours apporté son appui au programme national de lutte contre la lèpre dans les domaines de la formation, de la logistique et de l’équipement médico-technique.

Un Programme qui est également soutenu par l’OMS. Du côté marocain, l’ONG la plus active en ce domaine est l’Association Marocaine d’Application Agricole et de Formation.

Elle appuie en effet ce programme par de multiples actions telles l’alphabétisation des malades lépreux, la gestion des ateliers de formation professionnelle des malades et l’acquisition des prothèses et appareillages nécessaires aux opérations chirurgicales ainsi que des médicaments. Grâce à l’action de ces ONG, le programme national de lutte contre la lèpre se voit renforcé et ne peut qu’aboutir à son objectif principal à savoir l’élimination d’ici 2010 de la lèpre.

Mais il n’en demeure pas moins que cette maladie suscite encore une crainte superstitieuse et d’aucuns continuent encore à considérer le lépreux comme impur, répugnant, victime d’une malédiction susceptible de propager le mal.

Cette peur inspirée par la lèpre pouvait se comprendre à une époque où cette maladie n’était pas curable. Une époque au cours de laquelle les lépreux faisaient l’objet de ségrégation. Pis, ils étaient groupés en dehors des villes dans les «Harats» comme c’était principalement le cas à El Jadida et à Marrakech. La vérité c’est que non seulement cette maladie est curable mais aussi pas très contagieuse comme elle semble en avoir la réputation. D’ailleurs, les responsables du centre national de léprologie assurent que depuis l’ouverture de cet hôpital, aucun cas de contagion du personnel médical ou paramédical en contact direct avec les patients n’a été signalé.

Aujourd’hui, grâce au traitement efficace qui guérit en quelques semaines et à une meilleure connaissance de la maladie, les lépreux retrouvent l’espoir d’une guérison sans trop de séquelles, leur permettant de réintégrer le foyer familial et de renouer avec leur occupation professionnelle.

La lèpre est donc curable et elle est, mieux encore, en perte de vitesse. Cependant, il ne faudrait surtout pas céder à la tentation de baisser les bras. Autrement, la maladie risque de faire un retour dévastateur, comme c’est le cas aujourd’hui de la tuberculose.
Sources : www.maroc-hebdo.press.ma 

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