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Economie; Le Maroc, les USA et l'UE

Associated Press

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"Fais attention à ton agriculture!", "N'oublie pas ton textile!", "Protège tes génériques!" La caricature, parue dans le quotidien "L'Economiste", présente un Marocain vêtu d'une djellaba qui écoute avec anxiété les derniers conseils de son entraîneur avant d'affronter sur un ring de boxe un rival américain, sous les traits d'un Oncle Sam souriant et sûr de lui.

De fait, c'est à un rythme très sportif que le Maroc s'est engagé depuis trois ans dans le démantèlement douanier de son économie, à l'instar de la Jordanie ou de la Tunisie, pays désireux de ne pas manquer le train de la mondialisation.

Un processus sur lequel certains pays du Maghreb, en particulier l'Algérie et la Libye, confrontés à des pesanteurs politiques chroniques, ont déjà pris un lourd retard comme en témoigne la paralysie de la construction de l'UMA (Union du Maghreb arabe).

Le roi Mohammed VI, qui a déjà engagé un important chantier de réforme des libertés publiques, est également l'un des principaux artisans de cette ouverture économique internationale.

En Egypte, où il est arrivé mardi, le souverain devrait concrétiser avec le président Hosni Moubarak un accord sur la création d'une zone de libre-échange entre le Maroc, la Tunisie, l'Egypte et la Jordanie.

Ces futurs partenaires sont déjà liés à des degrés divers avec l'Union européenne à travers processus d'intégration "Euromed" qui prévoit l'instauration progressive d'une vaste zone de libre-échange. L'accord d'association entre Rabat et Bruxelles, entré en vigueur en mars 2000, prévoit un démantèlement douanier progressif d'ici 2012.

Selon "L'Economiste", des nouvelles négociations entre le Maroc et l'UE devraient "bientôt commencer" sur le secteur des services (transports, finances, assurances) quatre ans après la libéralisation progressive du commerce des biens manufacturés.

Le volet agricole est également en cours de négociation tandis qu'année après année, Bruxelles augmente le contingent autorisé d'exportations marocaines (tomates et agrumes) en franchise de douane.

Parallèlement, et malgré les réticences de la France, premier partenaire commercial du royaume, le Maroc négocie depuis près d'un an un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, le premier du genre conclu entre Washington et un pays africain.

Initialement, ces négociations devaient aboutir "avant la fin de l'année 2003". Mais les négociateurs marocains, emmenés par Tayeb Fassi-Fihri, ministre délégué aux Affaires étrangères et considéré comme un intime de Mohammed VI, semblent avoir tardivement pris la mesure des enjeux importants de ce rapprochement commercial avec les Etats-Unis.

Témoin de l'excellence diplomatique des relations entre Washington et Rabat, cet accord, global et à effet quasi-immédiat selon le souhait de Washington, devrait avoir de lourdes répercussions économiques et sociales dans plusieurs secteurs-clé de l'économie marocaine comme le textile ou l'agriculture, qui représente encore 20% du produit intérieur marocain et fait vivre près 45% de la population active.

"Le gouvernement déploie tous les efforts nécessaires pour assurer la protection du producteur marocain", a rassuré lundi Mohamed Laenser, le ministre marocain de l'Agriculture, un secteur encore largement artisanal qui s'inquiète de la future déferlante des puissants céréaliers américains, proportionnellement dix fois plus productifs que leurs concurrents marocains.

La mise à niveau de l'agriculture marocaine, encore largement extensive et sous-mécanisée, dépend notamment d'un remembrement foncier alors que 70% des exploitations ne dépassent pas cinq hectares.

Côté marocain, une vive inquiétude s'est aussi emparée des négociateurs sur les conditions draconiennes imposées par les Américains sur la protection de la propriété intellectuelle et des brevets pharmaceutiques limitant la production de médicaments génériques.

Plus récemment encore, les professionnels du cinéma, de l'audiovisuel et de l'édition se sont interrogés sur la fin de "l'exception culturelle" marocaine.

Autant d'enjeux qui ont entraîné fin 2003 un raidissement des négociateurs marocains et le report d'une signature de l'accord "jusqu'à fin avril, début mai", selon le Premier ministre Driss Jettou.



Un délai encore bien court pour amortir les effets d'un traité qui risque d'ébranler le fragile, et jusque-là très progressif, processus de mise à niveau de l'économie marocaine.

Source : Associated Press / Yabiladi
 
 

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