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La voie du développement du Maroc

Table ronde au Lycée de Nogent Le Rotrou (France)

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Table ronde avec J.-F. Troin, M. Berriane, A. Guitouni, A. Kaioua, A. Laouina Compte rendu réalisé par Christian ERB, professeur de géographie au Lycée de Nogent Le Rotrou, représentant de l’académie d’Orléans -Tours au Festival International de Géographie de Saint-Dié des Vosges.

A. Laouina : la montagne au Maroc, des atouts naturels. Un cinquième du territoire du Maroc est montagneux. La montagne est synonyme de pauvreté, de dégradation de l’environnement (le déboisement a conduit à l’érosion des sols) mais aussi de sous-développement (visible à la faiblesse de l’électrification, à l’importance de l’analphabétisme).

Mais la montagne joue un rôle fondamental au Maroc. Elle fait " reculer " vers le sud le désert, elle joue un rôle hydrologique, humain, écologique, culturel majeur (il existe une culture de la montagne), mais ses ressources ne sont pas valorisées.

Toutes les politiques de développement de ces régions ont été focalisées sur la préservation écologique, à chaque fois il s’agit d’une intervention sectorielle et non globale. La montagne reste repliée sur elle même, les populations restent sur place car elles exploitent des ressources parallèles comme le chanvre indien.

Le développement de ces régions passe par une politique spécifique à ce milieu, une solidarité nationale (l’eau de a montagne sert largement aux plaines et aux villes littorales), une mobilisation de tous (en particulier les populations des montagnes).

A. Guitoni : le tourisme est une voie privilégier du développement du Maroc depuis les années soixante. Depuis le tourisme connaît des hauts et des bas. Le bilan actuel est mitigé. Le tourisme représente 7 % du PIB du Maroc avec 2,5 à 2,6 millions d’arrivées, il façonne l’espace en créant un déséquilibre spatial (intérieur/littoral), mais le tourisme a du mal à se développer plus.

Le tourisme a d’abord été un tourisme culturel pour devenir de plus en plus un tourisme balnéaire. Actuellement ces deux formes de tourisme se partagent la destination du Maroc avec une tendance au développement du tourisme balnéaire. D’ici 2010 100 000 lits doivent être créés avec le projet de six stations touristiques. Ce projet renforcera la tendance à la concentration littorale du tourisme puisqu’il augmentera fortement la capacité hôtelière du littoral (elle est actuellement de 59 % de la capacité hôtelière totale, elle passera à 80 %). Ce projet tend donc à accroître les déséquilibres régionaux.

Autres évolutions récentes, c’est d’une part la montée de la demande touristique interne et d’autre part l’émergence de nouvelles formes de tourisme. En effet les touristes visitent de plus en plus le désert, la montagne et le milieu rural (se pose alors le problème du contact brutal entre deux civilisations). La médina de Marrakech est aussi un autre haut lieu du tourisme. Les occidentaux achètent des demeures en plein cœur de la médina se pose alors un problème socio-culturel entre des populations occidentales aisées et une population locale prolétarisée.

A. Kaioua : le Maroc investit depuis les années soixante dans l’exploitation des phosphates, de plus en plus transformés sur place et l’agro-alimentaire (production de sucre, de lait…). Mais le poids de l’industrie reste faible et de nombreux déséquilibres sont présents. Le Maroc compte de nombreuses petites unités industrielles qui génèrent peu d’emplois (la moitié des entreprises industrielles regroupe 60 % de la main d’œuvre). Prééminence des branches d’activités agro-industrielle et textile, seule Casablanca a une structure industrielle diversifiée. L’industrie se concentre fortement autour de la métropole casablancaise et le long du littoral. Les autorités politiques ont lutté pour limiter cette concentration, il faut noter son échec. Actuellement Tanger, Rabat-Salé, Fès, Meknès se développent mais de nombreux handicaps freinent le développement industriel.

Premier handicap, la faiblesse des infrastructures, en particulier des Z.I. malgré un plan de développement associant l’administration, le secteur privé et les collectivités locales, la création de pépinières d’entreprises destinées aux petites industries et le développement des services destinés aux entreprises. Grâce à cette politique volontariste la zone franche de Tanger est en plein développement.

Autres handicaps la dégradation de l’artisanat, artisanat de plus en plus informel ; le manque d’infrastructures lourdes pour les flux et déplacements ; l’absence de formation professionnelle suffisante.

M. Berriane : une autre caractéristique majeure du Maroc est l’importance du pôle métropolitain Casablanca-Rabat qui sur 0,3 % du territoire regroupe 19 % de la population soit 5 millions de personnes. Cette hypertrophie du pôle littoral accroît les déséquilibres régionaux. Dans les régions périphériques l’émigration est importante, les dépôts bancaires des émigrés y sont donc importants. Or ces dépôts sont rapatriés par les banques dans la région centrale (région de Casablanca) et ne profitent donc pas au développement des zones périphériques. Les provinces sahariennes bénéficient actuellement d’investissements lourds. Le " grand sud " accueille de plus en plus un tourisme international tandis que le nord bénéficie d’un projet de développement afin de limiter la culture du chanvre et limiter l’émigration illégale. Enfin l’orient marocain est dépendant de l’ouverture de sa frontière avec l’Algérie. Lors de l’ouverture de la frontière l’activité des villes s’accroît, mais depuis 1994 la fermeture de cette frontière entraîne un marasme économique.

J.-F. Troin : le développement du Maroc passe-t-il par la ville ? Le taux d’urbanisation est en forte augmentation puisqu’il est passé de 28 % en 1960 à 56 % de la population totale actuellement. 88 % des ménages urbains ont accès à l’électricité tandis que seulement 12 % des ménages ruraux y ont accès. Sans la ville la campagne serait encore plus démunie. Le Maroc présente une structure urbaine équilibrée avec une conurbation sur le littoral. Les petites villes sont attractives et peuvent être un relais pour le développement économique. Enfin il faut souligner le rôle structurant, directeur de la ville sur la campagne.

"Sans la ville la campagne serait encore plus démunie. Le Maroc présente une structure urbaine équilibrée avec une conurbation sur le littoral. Les petites villes sont attractives et peuvent être un relais pour le développement économique. Enfin il faut souligner le rôle structurant, directeur de la ville sur la campagne."

Pour plus d'informations
vous pouvez consulter la séléction de site ci dessous :

www.bits-int.org/membre_choix.asp?country_id=79
economie de l'eau : www.fao.org/ag/agl/aglw/projects/maroc/tcp.htm

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