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Actualités

L’économie sociale au Maroc : Cas des coopératives

Jeunes Du Maroc, Portail des Jeunes, Badr

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Les pouvoirs publics accordent, de plus en plus, un grand intérêt au développement local : Régionalisation, Décentralisation, Déconcentration, Initiative Nationale du Développement Humain, etc…

Ce développement local se base sur le développement de l’économie sociale et de l’économie solidaire en encourageant l’émancipation de la population et sa responsabilisation.

Cette économie sociale et cette économie solidaire sont de plus en plus à l’ordre du jour aussi bien dans les pays du Nord que ceux du Sud surtout suite : aux séries de crises économiques et à la mise en oeuvre des réformes économiques et des programmes d’ajustements structurels (PAS) sous l’égide et les recommandations de la banque mondiale : marginalisation des secteurs sociaux, chômage, émergence du secteur informel, etc … à la sécheresse devenue « continue » et non périodique et qui est due fort probablement aux conséquences des changements climatiques dans leur ensemble.

Dans ce cadre, cette étude appréhendera ce type d’économie au Maroc à travers le mouvement coopératif. Cependant, on ne s’attardera pas sur la distinction entre l’économie sociale et l’économie solidaire du fait que toutes les deux se rapprochent beaucoup et ont la même finalité en tant que corollaire du développement local.

Ainsi, l’économie solidaire
est une forme émergente de l’économie sociale, axée sur/vers les initiatives de développement local, de la réinsertion et de la lutte contre l’exclusion. S’associer, coopérer, mutualiser, tels sont les termes de l’économie sociale. S’associer veut dire s’unir, se grouper. Cooper, c’est agir avec quelqu’un ou plusieurs, le plus souvent, pour entreprendre ensemble la mise en oeuvre d’une action, d’un projet, d’une activité productrice ou de service.

Mutualiser c’est une action dans un
système de solidarité dans un groupement de personnes physiques ayant un but social, de prévoyance ou d’entraide grâce aux cotisations de leurs adhérents.

Pour donner une définition de l’économie sociale, on partira de son étymologie. Le concept de l’économie sociale est composé de deux termes qui se rapprochent parfois. Le concept « économie », notion qui fait référence à la production et à la vente des biens et services, augmentant la richesse collective en ayant l’entreprise comme forme d’organisation.

Le
concept « sociale » qui fait référence à la rentabilité sociale, c’est-à-dire l’amélioration de la qualité de vie et du bien être de la population et cela par l’offre d’un plus grand nombre de services et la création d’emploi. Il se dégage que l’économie sociale est l’ensemble des actions, des  activités et des politiques visant principalement à répondre aux besoins sociaux de la collectivité dans son ensemble et plus particulièrement les besoins des personnes défavorisées ou vulnérables.

Ainsi, l’économie sociale dépasse le cadre de la gestion sociale de la pauvreté en répondant à :

des besoins sociaux (nécessité),
des aspirations de développement d’appartenance collective (identité),
de la vision d’un monde démocratique et équitable (projet de société). Il se dégage que le champ d’action de l’économie sociale couvre l’ensemble des activités et des organismes qui respectent les principes suivants :

Liberté d’adhésion,
Finalité de servir ses membres ou la collectivité au lieu de se focaliser simplement et uniquement sur le profit et le rendement financier.
Non lucrativité individuelle (excédents non redistribués par rémunération du capital apporté), donc primauté des personnes et du travail sur le capital,
Indépendance à l’égard des Pouvoirs publics,
Gestion démocratique selon le principe : « une personne une voix »
Participation, prise en charge et responsabilité individuelle et collective.
Composantes (acteurs) de l’économie sociale

Partant de ces principes, on peut classer les acteurs de l’économie sociale en trois acteurs, à savoir :
Les mutuelles,
Les coopératives,
Les associations (Organisations Non Gouvernementales dites ONG).

A ces trois grandes familles d’entreprises sociales, j’ai ajouté, dans certaines actions, les acteurs suivants :
- Les syndicats,
- Les partis politiques,
- Les chambres professionnelles : Agriculture, pêche, artisanat, industrie et
commerce.

Tous ces acteurs sont devenus une nécessité, plus demandés, plus exigés aussi bien au niveau local et national qu’au niveau international. Au niveau national, les acteurs de l’économie sociale participent énormément à la politique et aux programmes de développement humain. Au niveau international, les acteurs de l’économie sociale sont très solliciter dans le cadre de la coopération Nord – Sud : partenariat avec le mouvement associatif, aide humanitaire véhiculée par les ONG, Jumelages et ses conséquences bénéfiques, liens de groupes à groupes, liens entre syndicats, liens entre partis, etc…

Les mutuelles
Selon la définition qui en est donnée par le Code de la Mutualité, la mutuelle est un groupement ayant la capacité civile, dont la création est soumise à déclaration. Le statut de la mutuelle relève du principe de l’autogestion. Elle poursuit un but non lucratif menant dans l’intérêt de ses membres, moyennant le versement d’une cotisation, à des actions de prévoyance, de solidarité et d’entraide.

A l’exception des cas où elles participent, en qualité d’organisme social, à la gestion d’un régime obligatoire de sécurité sociale, les mutuelles font partie de ce qui est convenu d’appeler “le droit de la sécurité sociale complémentaire “. Elles sont alors gouvernées par le principe de l’adhésion contractuelle individuelle ou collective, et contrairement aux mutuelles qui gèrent un régime obligatoire, les difficultés relatives à leur fonctionnement comme celles qui naissent de leurs rapports avec leurs adhérents restent de la compétence des juridictions de droit commun et non de la compétence des tribunaux des affaires de sécurité sociale. Les mutuelles les plus connues sont celles de la santé et les sociétés de caution mutuelle (sociétés commerciales)

Les associations
Au Maroc, le mouvement associatif est régit par le Dahir de 1958 ; il ne fait de distinction entre une association culturelle, sportive, politique ou autre. Le même Dahir régie aussi tous les groupements de personnes particulièrement :

les syndicats et les partis politiques. Cependant, ces derniers (partis politiques) sont régis par une nouvelle loi promulguée dernièrement. Pour classer le mouvement associatif, certains auteurs proposent une typologie selon deux axes principaux en fonction de leurs finalités principales :

Associations caritatives :
lutte contre la pauvreté en s’appuyant sur le bénévolat autour d’une idéologie spécifique,
Associations à but économique ou de gestion.

D’autres auteurs ont proposé une autre typologie à savoir :
Les associations crées sous la pression d’un problème,
Les associations crées par une élite alphabétisée et/ou politisée,
Les associations crées sous l’influence d’un programme (économique, culturel, sportif, gestion de service, ou autres).

Les relations entre l’Etat et le mouvement associatif sont en train de changer pour devenir des relations de partenariat que de domination du premier sur le second. Il faut rappeler que le mouvement associatif dans sa typologie actuelle est très récent. Par contre, ses fondements et ses pratiques sont très anciens au Maroc.

En effet, la twiza (ou la collectivité
au service du particulier) est une pratique associative très ancienne. Elle trouve encouragement dans la chariaa islamique. La twiza est un acte de société qui vise à réaliser une oeuvre de bienfaisance en faveur de la collectivité ou des particuliers, généralement nécessiteux. C’est un comportement spontané dont l’objectif est d’unifier les forces humaines (et les moyens parfois) pour un développement équitable de la localité ou apporter l’aide à ces nécessiteux de la localité.

Ainsi, une famille peut demander, grâce à la coutume twiza, la participation des villageois pour une tâche importante, à la simple condition (dans la mesure du possible) de nourrir les participants. La twiza est toujours considérée comme une véritable fête.

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