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Tourisme

Le label « éthiquement responsable » a-t-il un avenir au Maroc ?

by Meriem Alaoui Feb. 6th, 2008 casawaves.com

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Le développement durable, l’éthique en entreprise … quid de ces notions à la sauce 2008 ? On parle depuis quelques années de « développement durable » qu’on définit comme :

« Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de "besoins", et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir. » (Source/ Wikipédia)

Il s’agit donc d’arbitrer entre nos besoins et les ressources disponibles, de manière à en laisser un peu aux autres, aux générations futures, quoi…

Et ce concept de développement durable, c’est peu dire qu’il a le vent en poupe depuis quelques années … on associe le suffixe « vert », « durable », «responsable » ou « éthique » à de nombreuses notions qui, jusque là, vivaient très bien toutes seules comme : « économie (durable/ responsable) », « énergie (durable/ verte) », « tourisme (vert/ durable) », « entreprise (responsable) ».

Ca donne des mots très postmodernes et des notions un peu hybrides. Alors, de quoi parle-t-on ? On parle d’une nouvelle manière d’envisager l’action et le profit de l’entreprise, en tenant compte des éléments suivants :

1. Le progrès économique : L’efficacité du système repose sur la gestion optimale des ressources (humaines, naturelles, financières) en mettant tous les acteurs économiques en situation de modifier leurs habitudes et comportements.

2. La préservation de l’environnement : Il s’agit ici de mettre l’ensemble des acteurs en situation d’être personnellement responsable (au travers de leurs actions) de l’amélioration et/ ou de la dégradation des écosystèmes naturels.

3. La justice sociale : Il s’agit de faire en sorte que l’équité la plus stricte règne dans le cadre de l’entreprise, de manière à ce tous les groupes sociaux et/ ou d’opinion puissent travailler sans distinction entre eux, que le travail soit effectué dans un cadre légal et épanouissant (sic) etc.…

Il faut évidemment préciser que cette dynamique qui rencontre beaucoup de succès outre-méditerranée et outre –atlantique est portée par le « goodwill » des dirigeants d’entreprise qui ont le souci d’afficher une ouverture sur les problématiques du monde dans le but de contrebalancer une (mauvaise) image souvent associée aux entreprises( recherchant de profit à tout prix)

Alors, tout cela ne serait qu’une affaire d’image ? Oui, mais pas que … il s’agit aussi de gros sous !!

Il y a eu de nombreux exemples d’entreprises affichant des pertes sèches, des boycotts suite à des scandales portant atteinte à l’image de l’entreprise (scandale de Nike employant des enfants, scandale écologique dans lequel est mêlé Total suite au naufrage de l’Erika)

Intégrer le développement durable dans la gestion de l’entreprise est devenu indispensable.

Depuis que le consommateur a confirmé sa mue en tant que «consom’acteur », les entreprises sont devenues proactives dans ce domaine, vigilantes à éviter la sanction de leur public cible.

Et au Maroc, qu’en est-il ?

Au Maroc, on peut grossièrement distinguer deux temps et donc deux manières de traduire l’engagement social et responsable des entreprises dans des actions (de communication ?)

1 – La notion de redistribution et l’implication dans le champ social

Il y a dans un premier temps une manière dite classique de montrer l’engagement de l’entreprise dans la société qui la nourrit (littéralement), il s’agit d’une mécanique de redistribution simple via des actions caritatives.
La Centrale Laitière, à titre d’exemple, se fait fort d’honorer un calendrier « éthique » jalonné de diverses échéances, telles que

- « Un souvenir vers l’avenir », programme d’aide dans le cadre de la lutte contre les carences alimentaires
- Programme d’aide médicale
- Commémoration de la journée mondiale de l’environnement

Il s’agit pour cette entreprise leader du marché – comme pour d’autres - de montrer patte blanche et de montrer qu’un montant substantiel de ses gains est redistribué aux laissés-pour comptes.

Une affaire de communication corporate ? Oui, certainement. Le marché marocain, et donc les consommateurs, ne sont pas aussi réactifs que leurs homologues européens et sont à mille lieues de sanctionner les marques de leur non-engagement dans la vie sociale de leur pays.

Néanmoins, dans une démarche de qualité et de mise à niveau, les grands groupes s’ajustent aux pratiques d’aujourd’hui et font dans le caritatif et le « socialement responsable »

2- Le changement durable commence de l’intérieur

Après ça, il y a l’étape deux du process qui engage un changement structurel, un « changement durable », celui qui induit une modification réelle des comportements et des habitudes de management au sein des entreprises marocaines et/ ou implantées au Maroc.

Cette tendance est une lame de fond. Elle ne fait certes pas beaucoup d’aficionados aujourd’hui mais elle sera si forte que, sans avoir besoin de mettre en place un cadre réglementaire (obligation vs. sanction), la majorité des entreprises s’y mettront.

Petit aperçu de ce à quoi va ressembler l’entreprise de demain, focus sur le label CGEM.
On ne présente plus le CGEM, cet organisme réunissant les patrons des patrons marocains, a mis en place dernièrement une « charte de responsabilité sociale », une sorte de label qualité « CGEM » qualifiant les entreprises marocaines responsables selon les critères suivants :

* Respect des Droits Humains
* Amélioration des conditions d’emploi et des relations professionnelles
* Protection de l’environnement
* Prévention de la corruption
* Respect des règles de la (saine) concurrence
* Renforcement de la transparence du gouvernement d’entreprise
* Promouvoir la responsabilité sociale des fournisseurs et sous-traitants
* Développer l’engagement sociétal

Effectivement, il y a à boire et à manger dans cette charte qui couvre dans le sens le plus large possible la notion de « développement durable » au sein de l’entreprise. Mais c’est un signal fort qu’envoie cet organe (ré) actif aux entreprises marocaines.

Ce message dit clairement : « Allez hop, c’est le moment où jamais ». D’autant que les entreprises qui y souscrivent ont droit à un certain nombre d’avantages mais schhh… on ne vous a rien dit !! (Pour plus d’infos)

Et cette tendance est d’autant plus lourde qu’existent depuis peu les Journées de l’Investissement Responsable (placées sous le Haut patronage de Sa Majesté Mohamed VI), concours international ouvert à toutes les entreprises présentes au Maroc, récompensant les entreprises dans différentes catégories : promotion de l’engagement sociétal, action en faveur de l’emploi, respect et promotion des droits de la personne et gouvernance d’entreprise. (En 2005, c’est Webhelp, call center français qui s’était vu récompenser dans la catégorie : engagement sociétal)

Puisqu’on vous parle d’une tendance lourde…

Aujourd’hui, ce sont les entreprises leader de leur secteur qui s’y collent, demain les autres ? On croise les doigts.

Published by Meriem Alaoui February 6th, 2008

source : http://www.casawaves.com

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