onglet_artsouk onglet_artsouk

 

tangersat.jpg

Actualités

Le partanariat franco-marocain, un exemple à dupliquer en méditerranée

Paris, le 20 novembre 2007 - © Alfred Mignot - Voxlatina.com

Réf : 1012

Visites : 1958

Le colloque intitulé «Le partenariat franco-marocain et la perspective de l’Union de la Méditerranée», qui s’est tenu le 8 novembre dernier au Sénat français, a fait salle comble, rassemblant d’éminentes personnalités diplomatiques et économiques.
Cette rencontre, la première sur ce thème, organisé à Paris par Alfred MIGNOT pour «CHALLENGE HEBDO MAROC - L’hebdomadaire marocain des décideurs», et en partenariat avec Farid BENYAKHLEF, producteur de la célèbre émission économique «Entreprendre» de la TV Marocaine, a conforté l’émergence de l’image d’un Maroc «modèle de référence» pour le déploiement d’un partenariat multilatéral renforcé à l’échelle de toute la Méditerranée.


Le « premier cercle » des pays riverains, un « second cercle » de volontaires...
Structuré en deux parties, diplomatique et économique, le colloque débuta par les contributions des Ambassadeurs. Alain Le Roy, l’Ambassadeur français nommé en octobre pour déployer le projet d’Union de la Méditerranée, intervenait pour la première fois publiquement à Paris, et apporta des précisions jusqu’ici inédites, toutes fraîches, dont certaines inspirées de l’enseignement de sa tournée en cours sur la rive sud.

Concernant d’abord les pays « éligibles », il décrivit le « premier cercle » comme étant naturellement celui des pays riverains, Afin d’apaiser certaines appréhensions qui se sont fait jour en Europe du nord, l’Union européenne sera aussi membre de droit, représentée par les « éminences » de la Commission, à savoir le Président Manuel Barroso, le Haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) Javier Solana, ainsi que Mme Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux Relations Extérieures.

Pour rassurer certains pays comme l’Allemagne, soucieuse de défendre ses intérêts dans la région, il apparaît désormais acquis que le « second cercle », celui des pays observateurs, sera ouvert à tous les volontaires, lesquels pourront coopérer ou pas à certains projets concrets, selon la méthode dite des coopérations à géométrie variable, soit selon la liberté propre de chacun d’adhérer à un projet et de contribuer à sa faisabilité, notamment financière.


Le bel avenir de « la méthode participative »
Les contours étant ainsi définis à grands traits, l’Ambassadeur Le Roy insista sur la méthode « participative » – il passe actuellement l’essentiel de son temps à visiter les dirigeants méditerranéens – qui est la marque de ce projet ambitieux. Participative, car tous les pays concernés sont invités à faire connaître expressément leurs attentes et souhaits, fait unique à ce jour dans l’Histoire des relations Nord-Sud, et d’ailleurs conforme à la volonté exprimée par S.M. Mohamed VI, qui, le premier des chefs d’État du Sud, déclara son soutien au projet, tout en affirmant aussitôt sa détermination d’y participer « en amont », soit au niveau de la conception. Cette position, réitérée lors de la récente rencontre avec le Président Sarkozy lors de sa visite d’État au Royaume, semble bien s’être imposée comme « la méthode » qui marquera l’élaboration en cours, participative et paritaire, de cette Union.


« Faire pour le Sud ce qui a été fait pour l’Est »
Invité à son tour à s’exprimer l’Ambassadeur François Gouyette, en charge de l’Euromed, insista logiquement sur la nécessaire articulation entre ce projet nouveau et les institutions et acquis existants. Un point de vue qui dépasse largement la position française, et semble pouvoir être considéré unanimiste, car toutes les prises de position entendues à ce jour insistent sur la préservation des processus acquis – Euromed, 5+5, Forum méditerranéen, etc. – et considèrent que le projet de l’UnionMed constitue un « plus », un complément dont chacun semble reconnaître qu’il présente déjà un double mérite : remettre dans l’actualité la question de la relance, voire de la renaissance de la coopération méditerranéenne, et acter, enfin, de la nécessité, côté européen, de « faire pour le Sud ce qui a été fait pour l’Est de l’Europe ».


« Occasion historique » et militantisme marocain
Fathallah Sijilmassi, Ambassadeur en France de S.M. Mohamed VI, déclara à son tour que pour le Maroc les priorités sont claires : tout ce qui existe en faveur de la coopération euroméditerranéenne doit certes être conservé et renforcé, mais ce projet nouveau et spécifiquement méditerranéen, qui se bâtit sur une base partenariale, est une chance historique, une vision d’avenir que le Maroc soutient et accompagnera pleinement : « L’initiative française présente le mérite d’avoir posé l’idée sur la table. Nous avons l’occasion historique de contribuer à une initiative en train de naître, où l’on nous demande de nous exprimer, d’apporter nos idées et propositions, d’être acteurs d’un processus qui intégrera nos propositions. C’est une occasion historique à ne pas rater. D’où le militantisme marocain : nous voulons en être et apporter notre valeur ajoutée à ce projet porteur d’espérance et d’avenir ».


Le VP de la BEI souligne la qualité de l’administration et du gouvernement marocains
Premier intervenant sur la thématique économique, Philippe de Fontaine Vive Curtaz, vice-Président de la BEI, en charge de la Femip (Facilité euroméditerranéenne d’investissement et de partenariat) ouvrit le fil de ce qui allait être un long chapelet de compliments pour l’avancée économique et sociale du Maroc.

Pour « le banquier de l’Euromed », le partenariat euromarocain marche très bien et à plusieurs titres. Ainsi déclara-t-il notamment : « Chaque année, à l’heure actuelle, nous engageons entre 300 et 400 millions d’euros de financement pour le seul Maroc. Si pour l’ensemble de la Méditerranée nous étions capables d’atteindre ce niveau-là, nous aurions un partenariat d’un volume tout à fait significatif. Mais, il faut le dire, notre performance avec le Royaume a été rendue possible grâce à la qualité de l’administration et du gouvernement marocains. Et nos interlocuteurs marocains siègent toujours à très bon niveau, apportent des idées dans tous les comités que j’ai mis en place pour organiser le partenariat économique et financier. »

Philippe de Fontaine Vive se félicita aussi d’avoir été sollicité pour tous les plans d’équipement public du Maroc, et d’avoir pu ainsi contribuer à financer les autoroutes, les routes rurales, les assainissements, les aéroports, l’électricité… « On ne fait pas différemment en Europe. Nous sommes là sur un pied d’égalité », conclut-il.

Peut-on faire mieux encore, et propager l’exemplarité de cette coopération en multilatéral à l’échelle de la Méditerranée ? Le VP de la BEI croit que cela est possible, notamment en apportant des fonds propres à côté des financements publics, afin de fortifier les entreprises locales, en favorisant plus encore la microfinance, comme cela a commencé d’être fait au Maroc – en coopération avec la Fondation Hassan II – en intervenant aussi sur l’aspect social du développement : « Nous ne le faisons pas assez, il faut être clair ! Nous devrions être capables d’apporter des prêts bonifiés pour les besoins sociaux, il y a une certaine urgence.« , insista-t-il.

Enfin, répondant à une question sur la création possible d’une Banque méditerranéenne, ainsi qu’il nous l’avait annoncé lors d’une récente et exclusive entrevue accordée à notre journal, le VP de la BEI déclara en toute simplicité : « Si les politiques le décident, nous sommes prêts ».


Jean-René Fourtou : « Il se passe vraiment quelque chose d’exceptionnel au Maroc »
Fidèle à son habitude, Jean-René Fortou, Président du CS de Vivendi, actionnaire majoritaire de Maroc Télécom, et co-Président (avec Mustapha Bakkoury) du GIEFM, commença son intervention par les chiffres de la consommation téléphonique au Maroc, qui a encore crû de 42 % au premier semestre 2007, contre plus 40 % en 2006 et plus 37 % en 2005. « Cette consommation fortement croissante de cet outil de consommation de l’économie moderne, commenta J.-R. F., démontre qu’il se passe vraiment quelque chose d’exceptionnel actuellement au Maroc. »

« C’est Maroc Télécom, enchaîna-t-il aussitôt, qui déploie notre développement dans le reste de l’Afrique. Ce sont les dirigeants marocains de MT qui ont négocié avec la Mauritanie, avec le Gabon le Burkina Faso le rachat des activités téléphoniques de ces pays-là. Nous avions démarré avec un certain nombre d’expatriés, il n’y en a plus aujourd’hui, ce sont les Marocains qui gèrent et assurent le développement. C’est mon message symbolique sur la vitalité et la compétence du Maroc d’aujourd‘hui ».


Le GIEFM, un modèle possible pour l’avenir en Méditerranée
Et à la question de savoir si la réussite du GIEFM, qui a attiré en deux ans de très nombreuses entreprises est duplicable, J.-R. Fortou répondit en apportant des éclaircissements sur « la bonne pratique » qui pouvait expliquer un tel succès. « C’est parce que le Maroc a su établir des plans stratégiques clairs, souples, cohérents que nous avons pu agir. D’abord en les « challengeant », avec l’expertise de grands groupes leaders dans leur catégorie (Accor, Safran, Cap Gemini...) puis en les incitant à adopter le rôle de locomotive dont l’implantation a inévitablement entraîné celle d’une multitude de sous-traitants.

Aujourd’hui, l’exemple du GIEFM peut effectivement servir de modèle pour l’avenir en Méditerranée. À condition cependant que les entreprises disposent d’un cadre clair et cohérent pour agir, comme c’est le cas au Maroc. C’est l’indispensable point de départ...


Jean-Luc Martinet, Président de la CFCI de Casablanca : le Maroc, idéal pour une « multilocalisation de proximité »
Président de la CFCI de Casablanca, la plus importante chambre internationale française, Jean-Luc Martinet s’attacha surtout à promouvoir le choix du Maroc comme site d’implantation pour une « multilocalisation de proximité », selon son expression.

S’adressant principalement aux dirigeants français, il décrivit avec un plaisir visible les nombreux attraits du Maroc, « un pays aux institutions politiques table et à l’administration de plus en plus efficace, un marché intérieur important et en croissance, des équipements structurants considérables en cours de réalisation, le dynamisme et le volontarisme d’une population amicale et souvent francophone (...), la tradition de libéralisme économique du Royaume, qui se traduit par les nombreuses libertés entrepreneuriales et fiscales, la présence sur place d’un réseau bancaire sophistiqué et efficace, l’émergence d’une bourse très demandeuse, une proximité immédiate de l’Europe, l’exemplarité de la relation franco-marocaine... » sans oublier le rôle de plate-forme que représente le Maroc vers le sud africain, le Maghreb et au-delà.


Marc Thépot, Directeur général de Accor Maroc : de la nécessaire contribution à la dynamique sociale
Marc Thépot, Directeur général de Accor Maroc – 3 000 salariés pour 30 implantations et 70 prévues – souligna que « la première condition d’un bon partanriat, c’et justement de trouver des… partenaires ! Nous nous sommes installés au Maroc avec de partenaires marocains également investisseurs. Ils ont un rôle important, puisqu’ils donnent d’une part une légitimité à notre présence dans le pays, ce qui lève la suspicion éventuelle sur l’investisseur étranger qui, notamment dans l’hôtellerie, intervient en management mais n’investit jamais.

Le deuxième point, c’est d’endosser la vision stratégique du tourisme, exprimée dans le plan vision 2010 et d’épouser la dynamique globale du Maroc : les entreprises qui veulent se développer au Maroc sont tenues de la contribuer dynamique sociale, et notamment à l’alphabétisation. Autre point à prendre en compte : l’environnement, tout ce qui touche au tourisme durable, car on sait que l’hôtellerie est aussi un secteur polluant, par exemple les golfs consomment beaucoup d’énergie… il faut donc avoir une approche responsable, globale et éthique.

Dans le cadre UMed, « des groupes comme les nôtres, estima Marc Thépot », peuvent en effet mettre leur logistique au service du projet, et réitérer la réussite que nous connaissons au Maroc, grâce notamment à une coopération très forte et une réelle proximité culturelle.


François Courtot, Safran : des co-entreprises très fructueuses avec le Maroc
Pour François Courtot, Directeur délégué à l’international du groupe Safran, « la qualité des ingénieurs, de l’encadrement, et du matériel nous ont inclinés vers le choix du Maroc, il y a dix ans, lorsqu’il nous fallait décider d’une implantation pour la maintenance de nos moteurs embarqués sur les avions des compagnies africaines. Depuis, nous n’avons qu’à nous en réjouir, ce fut une opération très fructueuse, les résultats dépassent largement nos espérances : à partir du Maroc, nous touchons 25 compagnies aériennes qui envoient leurs moteurs à Casablanca. 80 moteurs y sont traités par an, nous sommes au-delà du seuil de compétitivité, 60 moteurs par an. »

Aujourd’hui, nos six co-entreprises créées au Maroc représentent un pôle stratégique pour notre Groupe, et je précise que nous n’employons que 80 expatriées pour un effectif total de 1 500 personnes, que nous pensons porter à 2 000 d’ici 2008.

Bientôt, nous serons confrontés à la question de la maintenance de nos moteurs en Libye. C’est depuis notre structure marocaine que nous essayons actuellement de prendre en charge ces besoins nouveaux en Libye. Peut-être pourrons-nous, grâce à notre partenariat avec la RAM, générer ainsi des partenariats sud-sud entre Maroc et Libye et au-delà, dans l’UnionMed !

Alfred MIGNOT


***
FOCUS
UN SOMMET PATRONAL MÉDITERRANÉEN EN MARS ?

Thierry Courtaigne, vice-Président et Directeur général du Medef international, est convaincu que face à « la brutalité extrême de la révolution économique mondiale que nous connaissons », et au vu de l’échec actuel du Cycle de Doha, ce sont les grandes entités régionales – comme l’espace méditerranéen – qui ont vocation à restructurer les échanges internationaux.

Et dans cette grande région méditerranéenne, les pays du Sud doivent aussi développer leurs relations est-ouest, les chefs d’entreprise doivent mettre les problèmes politiques de côté et s’entendre entre eux pour avancer, car le temps de l’entreprise est plus rapide que celui des politiques.

Peut-être peuvent-ils le faire en s’inspirant, là aussi, de l’excellence des relations bilatérales entre Medef et Cgem, qui ont maintenant trente ans, et bénéficient désormais tous deux de jeunes patrons à leur tête ? s’interroge Thierry Courtaigne.

D’ailleurs, dans cet esprit de renouveau méditerranéen, Laurence Parisot et Moulay Hafid Elalamy ont avancé l’idée d’un sommet patronal méditerranéen pour mars 2008. Avec un temps d’avance sur « les politiques », car le Sommet fondateur de l’Union Méditerranéenne ne devrait se tenir qu’en juin...

***

Corrélats :
Philippe de FONTAINE VIVE, vice-président de la BEI : «POURQUOI PAS UNE BANQUE DE LA MÉDITERRANÉE !»

Jean-Louis GUIGOU, Délégué général de l’IPEMed (Paris) : «L’UNION MÉDITERRANÉENNE, UNE CHANCE HISTORIQUE !»

LES ENTREPRENEURS FRANCO-MAROCAINS DE LA CGEM ET DU MEDEF : «PLUS FORTS ENSEMBLE!»
bateaux.jpg
 

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés