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Ainsi, l’école marocaine, au lieu de former des citoyens fièrs de leur passé, de leur histoire, de leurs institutions tribales démocratiques tel « agraw » que l’éminent sociologue Pierre Bourdieu avait qualifié de « démocratie de base », eh ben cette école produit des aliénés, de « faux -arabes, selon l’expression des machrékins» ou des « citoyens arabes de seconde zone », avec de profonds complexes d’infériorité qui les prédisposent à se réfugier préférentiellement dans la religion !

L’Etat marocain est responsable de la production des terroristes qui ont menacé –et qui menacent toujours- sa propre stabilité comme en témoigne les attentats de Casablanca de 16 Mai. Son système éducatif condamne toute une jeunesse à subir un enseignement rétrograde, loin de sa réalité sociale et linguistico-culturelle, basé sur un endoctrinement idéologique, conséquent de cette politique d’arabisation à outrance, qui ne fait malheureusement qu’engendrer de jeunes diplômés chômeurs désespérés, proie facile des idéologies extrémistes, qui les prédisposent à digérer toute une littérature incendiaire de haine importée du Proche Orient, et encore, à suivre aveuglement leurs chaînes paraboliques où l’apologie de la violence est de mise tout le temps ! Qu’en est-il des fils des dirigeants qui gravitent hypocritement autour du palais et des cercles makhzéniens, fervents défenseurs de l’arabo-islamisme ? Eux, ils ont bien pris d’assurantes préoccupations afin de mettre leurs enfants à l’abri de leur « école nationale », par le simple fait qu’ils leurs réservent un enseignement moderne et européen dans les écoles et missions occidentales, installées au Maroc ! Quel hypocrisie !

Par contre ceux et celles qui ont pu avoir la chance d’éviter l’école, leur permettant de vivre et de maintenir et de vivre tranquilement leur identité ancestrale, en habitant les zones rurales et montagnardes sans aucune infrastructures, viennent d’être attrapés à leur âge adulte par cette nouvelle « compagne de lutte contre l’analphabétisme ».

Avec des fonds colossaux aidant mis à la disposition de l’Etat marocain par la Banque Mondiale et l’Union Européenne, les autorités marocaines se vantent de combattre ce grand fléau qu’est l’analphabétisme (créée de passage par sa propre école inadaptée et déplacée à la réalité historique du pays) en utilisant pour cette finalité même des mosquées ! Ainsi, des femmes amazighes de ces lointaines contrées qui ne connaissaient plus de voile, commencent à le mettre et à le substituer à leurs beaux et colorés foulards !

De cette manière, on voit que les sages leçons de Paolo Freire et les pertinents conseils de l’Unesco de recommander l’utilisation de la LANGUE MATERNELLE deviennent du papier mouillé pour les responsables marocains. Ainsi, le ministre de l’Education Nationale, Habib El Malki, descendant des Arabes hilaliens, au lieu de réussir la promotion de l’enseignement de la langue amazighe, s’obstine à appliquer les consignes de la COSEF que préside l’un des conseillers du roi les plus influents, l’amazigh des Ait Bouzaggou de Taourirt, Mr. Mezian Belfqih. Les dites consignes stipulent l’utilisation de la langue amazighe au sein de l’enseignement primaire dans le seul but d’ aider à l’apprentissage de la langue arabe classique, la langue du bois de l’Etat !

En définitive, si les Etats Européens, qui sont exposés à la menace terroriste islamiste de la part de jeunes marocains, convertis en mercenaires de certains arabes proche-orientaux, veulent vraiment combattre cet islamisme politique, ils n’ont qu’interpeller l’Etat marocain et l’obliger à changer du cap dans sa politique de l’Education Nationale. Il faut rappeler dans ce sens que le Maroc ne se maintient pas économiquement par du pétrole. Il survit grâce aux fonds financiers dont il bénéficie suite à l’accord d’Association avec l’Union Européenne et surtout grâce aux innombrables transferts d’argents d’immigrés amazighs installés définitivement dans les différents pays européens (Espagne, France, Allemagne, Belgique, Pays Bas, Italie…).

Les Etats européens possèdent la clé de combattre ce fléau en aidant le Maroc à procéder à se réconcilier une fois pour toute avec sa vraie identité qui est l’AMAZIGHITÉ, et autour de laquelle gravitent les apports culturels de la civilisation subsaharienne, juive, phénicienne, romaine, arabe et européenne. L’Etat marocain devrait entamer une rupture salutaire avec le Machrek, comme le lui demande instamment le mouvement amazigh, et par la suite procéder à la réforme en profondeur de son système éducatif, en généralisant l’intégration de sa langue millénaire qu’est le tamazight, en ressuscitant l’authentique histoire de son peuple africain et mèditerrenèen dont le destin a été toujours, et au long de l ‘histoire, plus proche des peuples européens qu’aux peuples lointains de la péninsule arabique.

Si l’Etat marocain voudrait vraiment réformer son actuel école, il n’a qu’ à suivre la formidable expérience des medersat.com, les écoles de la fondation BMCE, qui à partir de la première année du primaire, intègre un enseignement moderne novateur, trilingue (tamazight, arabe et le français), accompagné de l’outil informatique. Ceci ne pourrait aboutir qu’à la formation de jeunes intègres, ouverts, cultivés responsables et démocrates, immunisés de toute dérive idéologique extrémiste, qu’il soit arabiste, islamiste et même amazighiste !


Il faut se remettre à l’évidence une fois pour toute que le Maroc n’est pas un pays « arabe ». En paraphrasant le professeur Mohamed Chafiq: « le Maroc n’est pas arabe, et ne peut le devenir ni par la force ni par la ruse ». Alors, qu’il vive pleinement son amazighité !

* Rachid RAHA est éditeur du journal « LE MONDE AMAZIGH » et ancien président du Congrès Mondial Amazigh..

4/02/2005  source : http://www.emarrakech.info

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