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C’est tout à fait normal que des amazighs deviennent des islamistes parce que l’Etat marocain, depuis son accession à l’indépendance formelle, n’a fait que créer des crises d’identité aux citoyens amazighs, à travers un système éducative formulé par des salafistes du «mouvement national» et du parti de l’Istiqlal et qui se base sur l’idéologie arabo-islamique dont « la politique d’arabisation » est sa pierre angulaire.
Et cela afin d’imposer à tous les Marocains une identité de « substitution » qui les rattachent plus au Proche-Orient qu’à leur propre réalité !

Ces jeunes islamistes marocains, poseurs de bombe, ne sont en fait que le produit des échecs successifs de cette politique d’éducation nationale d’arabisation, imposée aux marocains depuis plus de 40 ans. La dite politique a été même exportée au sein des enfants issus de l’immigration, qui au lieu de leur enseigner leur langue maternelle (à savoir les parlers amazighs et le darija) à côté de la langue du pays d’accueil dans le but de leur faciliter leur intégration interculturelle, les oblige à apprendre « l’arabe classique »qui ne fait que leur compliquer leur intégration au sein des écoles européennes.

Et cela en dépit des recommandations des psychologues et des pédagogues qui insistent sur l’application de la politique de l’ELCO (Enseignement en Langue et Culture d’Origine). De cette manière, le premier ministre marocain, Driss Jettou, un amazigh, et la ministre chargé des RME (Résidents Marocains à l’Etranger) oublient qu’ils contribuent à fabriquer des « déracinés » au sein même de l’immigration, ce qui pousse les jeunes à tomber automatiquement soit dans la délinquance (70% des prisonniers aux Pays Bas sont d’origine marocaine !), soit dans l’extrémisme religieux.

Oui, j’insiste à le dire, l’Etat marocain est responsable directement de cette dérive extrémiste des jeunes parce que l’école marocaine (à part de transmettre de l’ignorance théologique selon l’expression de Mr. Arkoun) ne fait que déraciner les imazighen et les transformer en des proies faciles aux idéologies importées. Si dans les années soixante-dix leur « reconstruction identitaire » se faisait en faveur de l’arabisme gauchiste, aujourd’hui, la dite reconstruction artificielle de l’identité collective se fait directement en faveur de l’islamisme politique, et le financement des pétrodollars saoudiens et koweïtiens aidant.

Les deux facteurs les plus essentiels sur lesquels reposent l’identité des imazighen sont la langue et l’histoire, et les deux sont bizarrement exclus de l’école marocaine. A propos de l’histoire par exemple, on enseigne dans les écoles marocaines celle de la péninsule arabique au lieu de sa propre histoire : les quatre siècles de présence romaine, la préhistoire amazigh qui s’étale au delà de la découverte de la première écriture dans toute l’Afrique, à savoir le tifinagh, cette aventure néolithique riche en peintures rupestres datant de 10.000 ans, cette préhistoire des lointains aïeuls dont les restes osseux dépassent des centaines de milliers d’années…n’ont pas droit de cité dans les manuels scolaires.

C’est pour cela que « les islamistes marocains » croient fermement qu’avant l’arrivée de l’Islam en Afrique du Nord, leurs ancêtres étaient des « sauvages» et que le sort de leurs femmes était similaire à celui réservé aux femmes en Arabie. C’est ainsi que les jeunes amazighs « réislamisés politiquement » ignorent carrément qu’au temps de la Jahidia, si les Arabes enterraient des filles vivantes, chez nous, les femmes pouvaient arriver à devenir des rênes tel Tin Hinan ou de grandes résistantes comme Kahina , d’ailleurs c’est elle et à côté de Koceila, qui a résisté à l’invasion arabe au VII siècle !

Si cette école marocaine, mediévaliste et réactionnaire, avait inculqué aux jeunes les vrais valeurs amazighs, on aurait jamais arriver à trouver des marocains salir leurs mains avec du sang d’innocents travailleurs espagnoles ! Par la simple raison que les valeurs et institutions amazighs bannissent toute sorte de violence et dans ces valeurs, la vie plus qu’autre toute chose, est la plus sacrée au monde.

C’est Dieu qui l’offre et c’est à lui, tout seul, qui a la capacité de la reprendre ou de l’ôter. A Tamazgha, l’interprétation religieuse a dû s’adapter aux valeurs et aux croyances autochtones. Par exemple, dans le droit coutumier où il n’existe plus la peine de mort, lorsque quelqu’un commettait un assassinat, la sentence la plus affligeante à laquelle il se trouve condamné c’était de l’obliger à s’exiler en dehors de sa tribu natale! Un autre exemple que l’histoire officielle véhiculée par l’école marocaine est l’ignorance catégorique de neuf siècles de présence amazigh en Espagne, depuis la conquête de rifain Tarik Ziad en 711 jusqu’à l’expulsion des derniers moresques de Grenade en 1610, et où les Imazighen ont arrivé, à côté d’autre peuples et en premier lieu les ibères, à former une civilisation andalouse islamique des plus exemplaires de toute l’humanité, qui avaient produits de grand savants comme Averroes.

Les enseignements philosophiques de ce dernier ont permis aux européens de s’inspirer afin d’adopter les principes de la laïcité, qui leur a permis de se libérer du joug religieux, et par conséquent de décoller économiquement !

L’école marocaine falsifie l’histoire amazigh et ignore que le peuple amazigh se gérait par un droit séculaire et laïque. On oublie facilement que lorsque les militants amazighs revendiquent la dite laïcité; ils ne la font pas pour copier l’Occident sinon ils le font en s’inspirant de leurs traditions. Au fond, comme l’a expliqué bien l’un des spécialistes de l’islamisme marocain, Mr. Mohamed Darif, dans un de ses articles écrits dans la « Gazette du Maroc », le conflit perpétuel entre le « bled el Makhzen » et le « bled Siba » n’était en fait qu’un conflit entre deux visions différentes de la société marocaine. Il y avait d’un côté le Makhzen qui essayait d’imposer la loi islamique (comme essaient de le faire les actuels islamistes) et les tribus amazighs qui voulaient garder leur azerf.



Actuellement, l’Etat marocain se vante beaucoup d’avoir réussi à modifier le statut de la femme dit ‘Al Moudawana’, mais il oublie étrangement que le fait de partage des biens en cas de divorce existait déjà (et en plus perdure encore dans certaines tribus du Souss) dans son droit coutumier, connu sous le nom de tamazzalt !

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