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Les marocains

Ces enfants qu'on oublie !

traduction d'un article anglais

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Avant les dernières élections parlementaires, les partis politiques marocains ont fait beaucoup une promesse.

Leurs promesses recouvraient des champs tels que le chômage, l’accès aux soins, l’amélioration du système d'éducation et l’aide aux secteurs ruraux en voie de développement. Tout cela en invitant les investisseurs locaux et étrangers à lancer de grands projets structurant.

 

Mais aucun des ces partis, n'a pris le temps de présenter un projet, pour récupérer et protéger davantage les enfants sans abri des rues. Ce problème que personne n’a soulevé indique que la société marocaine feint l’ignorance et l’indifférence face à un problème pourtant croissant.

 

Les enfants des rues est un des reflets d’un Maroc malade sur le plan sociale et économique au même titre que la pauvreté, la rupture de l'unité familiale, le divorce, le remariage et l'éducation des enfants.

 

Existence précaire

Ces derniers, lorsqu’ils sont questionnés, répondent invariablement qu’ils préfèrent vivre dans la rue que rester dans leur milieu d’origine. La recherche constante d’un lieu sûr pour vivre et dormir ainsi que le besoin de développer des liens affectifs dans ces conditions si précaire est pour ces enfants, une source de pression terrible mais aussi d’exploitation.

 

Beaucoup d'entre eux finissent par souffrir de maux permanents, physiques et psychologiques. La société marocaine est-elle devenue trop accoutumée à la vue d'enfants de rue pour considérer plus sérieusement leur réhabilitation et mettre en place des programmes concrets ?

 

En tant qu’êtres humains et individus, leurs histoires souvent poignantes méritent une attention particulière.

 

Abdel Fatah, 16 ans, et Omar, 14ans, les rues de Mdiq.

Pour Abdel Fatah, ce qu'il a conduit à partir de la maison étaient la négligence et le mauvais traitement ; pour Omar, c'était la pauvreté.

 

Au début, Abdel Fatah était hésitant à nous parler de son enfance malheureuse. La promesse d'un repas chaud et d’un peu d'argent vont l’aider à nous ouvrir les portes mystérieuses de la vie de rue.

 

Abdel Fatah : « Je suis allé à l’école une année seulement. J’ai arrêté parce que je ne l'ai pas aimé, ma mère non plus. Mon père nous a abandonnés quand j'étais enfant. Ma mère était cruelle et habituée à nous blâmer mon autre frère et moi comme étant la cause de son malheur. Je suis parti de la maison et j’ai commencé à travailler dans la construction quand j'avais 11 ans. Mais l'homme avec qui j’était habitué à travailler était très injurieux, ».

 

« Après avoir travaillé quelques mois, je me suis trouvé dans la rue sans rien à manger, aucun vêtement et nul part où dormir. Mais j'ai rencontré d'autres enfants là-bas qui sont devenus, plus tard mes amis. Maintenant je suis heureux et libre ».

 

Dépendances

Abdel Fatah a commencé à fumer à l'âge de 11 ans, et une année plus tard ses nouveaux amis l'ont influencé à snifer la colle. Il dort dans des endroits différents chaque nuit, le plus souvent dans les mosquées, les jardins publics et dans les gares routières. Sa mère n'a jamais pris la peine de prendre de ses nouvelles, ajoute t-il.

 

Après avoir écouté l'histoire d'Abdel Fatah, Omar a décidé de parler aussi.

 

Omar : « Je suis plus instruit qu'Abdel Fatah. J'ai passé deux ans à l'école.

« Comme, dans notre famille, nous sommes pauvres et que je suis l'aîné de quatre frères et sœurs, mes parents m'ont envoyé pour travailler avec mon oncle dans un petit café-restaurant, où la plupart des clients étaient des fumeurs de cannabis, ».

 

« J'ai travaillé une année et voilà ce que je suis devenu depuis l'âge de 12. Maintenant je passe toute la journée dans la rue, et ne rentre à la maison que la nuit.  Je gagne quelque sous en mendiant. Ce qui me permet d’acheter de la nourriture. Mes parents sont satisfait car je ne représente plus une charge alimentaire pour eux ».

 

Comme Abdel Fatah, Omar fume des cigarettes et snife la colle.

Les deux ont terminé leur conversation avec votre correspondant par un engagement à renoncer à leurs mauvaises habitudes. Malheureusement, la première chose qu’ils ont faite après s’être éloigné était de snifer de la colle de polythène à l’aide de sacs plastiques.

 

 

Se méfier des adultes

Il est apparu qu’Abdel Fatah et Omar ne croient pas aux adultes, pour qui les enfants de rue comme les voleurs et les criminels représentent une nuisance au lieu d’une remise en cause sur la conscience de la société.

 

Laarbi, âgé de 14ans, a consenti à parler mais a refusé d'être photographié.

Il a dit qu'il est venu du sud du Maroc à Mdiq avec le rêve de traverser la Mer Méditerranée pour l’Espagne.

 

Il travaille comme cireur de chaussures dans l'espoir de mettre de côté les $2500 dont il a besoin pour réserver une place à bord d’un bateau pour clandestins.

Laarbi n'a pas de mauvaises habitudes et partage une pièce avec quatre autres enfants.  Il paie à un gangster $50 par mois pour sa protection et un abri.

 

Abdel Fatah, Omar et Laarbi sont tous occupés ces derniers jours. Ils travaillent pour les différents candidats à l'élection dans l’espoir d’une rétribution sous forme de nourriture ou d'espèces.  Ils savent qu'ils sont exploités mais ils n’en ont rien à faire ; tout ce qui importe pour eux est la survie.

 

Des programmes qui échouent

Il est déplorable de constater que les efforts pour donner aux enfants de rue une chance de vie plus décente sont insuffisants étant donné l’importance du phénomène.

 

Les peu de programmes conçu pour traiter les causes fondamentales sont courues par des volontaires d’organisations non gouvernementales, notamment Bayti (Ma Maison) à Casablanca et Darna (Notre Maison) à Tanger. Le focus étant pointé sur des activités réparatrices, l’objectif étant que les enfants à-risque retrouvent leur foyer familial.

 

Le gouvernement marocain a initié plusieurs projets pour trouver des solutions, mais ses efforts sont entravés par un manque de ressources sur le plan financier et sur le plan du personnel qualifié et entraîné.

 

La loi stipule deux à 6 mois de prisons pour les mendiants âgés de 18 abs et plus.
Pourtant, le royaume est connu pour avoir plus de 500.000 «mendiants professionnels». Certain utilisant des enfants, voire des gens rendus infirmes comme fonds de commerce.

 

La question embarrassante des filles de rue
Les garçons sont plus visibles quand on parle d’enfants de rue, mais la situation des filles issues des familles pauvres n'est pas meilleure. Alors que les garçons qui grandissent dans les rues vont en toute probabilité devenir des criminels et des gangsters, les filles risquent de finir comme prostituées.

Des dizaines de milliers d’entre elles travaillent comme femmes de chambre. Selon le rapport 2006 de Human Rights Watch, elles doivent faire à toutes sortes d’humiliations physiques et psychologiques en plus d'exploitation économique.

 

Les organisations non gouvernementales estiment qu'environ 90 pour cent de mères seules dans Maroc étaient des femmes de chambre dans leur enfance.

Ahmed El Amraoui in Mdiq, northern Morocco

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