belsfems.jpg

L’état du costume marocain à la veille du protectorat est décrit ainsi par A. Laroui: “Il existe au XIXe siècle un costume officiel marocain, celui que portent les sultans, les vizirs et autres membres du gouvernement central, tous ceux qui font partie à un titre ou à un autre du Makhzen, lorsqu’ils sont dans l’exercice de leur fonction: c’est le ksa, sur lequel on pouvait mettre un bournous.

Le costume des marchands, symbole de la citadinité, est la jabador (gilet et pantalon turcs brodés) et la jel-laba.

Le costume des paysans des plaines atlantiques est essentiellement le haïk (tissu de laine non cousu), en général blanc. Dans les villes, la diversité des costumes tient à une différence de position sociale. Dans les campagnes, on ne trouve plus aucune uniformité, et dans un souk, dit-on, on reconnaît à ses vêtements de bédouin, le drawi et le berbère.” (Les Origines sociales et culturelles du nationalisme marocains, p. 31).

Dans le domaines des arts, une place particulière était donné à la calligraphie et à la miniature. Mohamed Menouni considère que cet art avait atteint au Maroc son apogée sous le règne de Moulay-Hassan-I. Il cite parmi les grands calligraphes miniaturistes de la veille du protectorat, Souleiman Guennoun et son fils Abdellah Guennoun qui vécurent sous le règne de Moulay-Abdelaziz. On signale également que sous le règne de Hassan I, les rythmes des nouba-s (refrains) de la musique andalouse avaient connu une nouvelle méthode de composition. La nouvelle cadence fut à la base de l’ensemble connu sous le nom de “Al-Hayek” attribué au vizir Mohamed Ben-Larbi Jamai (1885). M. Manouni signale que “les séances de musique andalouse étaient agrémentées par l’offrande du thé selon un rituel précis.” (Le Mémorial du Maroc, vol. 5, p. 23). A la fin du XIXe siècle, l’historien marocain Al-Naciri, auteur du fameux Al-Istiqsa, constata l’inexorable virage qu’avait pris la société marocaine du fait des pressions extérieures. Ses remarques et son diagnostic précurseurs annoncent déjà les grands défis du XXe siècle: “Il faut observer, écrit-il, que les conditions dans lesquelles se trouve la génération actuelle sont tout à fait différentes de Celles de la génération qui l’a précédée […]


La principale cause de cette situation est l’immixtion des Français et des autres
Européens parmi la population, l’accroissement de leurs relations avec elle et leur diffusion dans les contrées islamiques, où ce sont leurs manières et leurs habitudes qui l’emportent sur les nôtres et les absorbent d’une façon violente.” (Al-Istiqsa, t. II, p. 381);

Textes de Mohamed Sijelmassi

aid-l-kbir051.jpg
12

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés