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2902.jpg  Comment ?

Il n'était pas un Blix. Il était plutôt un Colin Powell.
On peut l'imaginer, Plantu aidant, le visage courroucé et les sourcils froncés.

Proprement scandaleux ! Carthage n'avait pas respecté les conditions qui lui avaient été dictées par le Sénat romain, juste réplique - admirable permanence ! - du Sénat américain et du Conseil de Sécurité réunis.

Des preuves, il en trouva et il en apporta. Devant le Sénat ahuri il les montra : une figue toute fraîche, signe indubitablement menaçant pour la paix, et preuve accablante du non-respect des conditions imposées par la vénérable institution romaine. Devant le Sénat dûment convaincu il termina son rapport d'enquête par le fameux Delenda est Karthago  "Carthage doit être détruite".

Ce jour un dogme, pensé et non dit, de tous les potentats en pleine puissance est né : le redressement des autres est toujours en lui-même une menace potentielle qui exige et justifie une guerre préventive. Washington en est convaincu.

De là découle sa logique de super et unique puissance présente, dont Rome avait donné, dans le passé, un si probant exemple qui permit à la Pax Romana de régner durant des siècles ? A coup sûr la Pax Americana y trouve inspiration et justification.

Carthage se raccrocha cependant à la paix, non pas avec la force, mais avec l'illusion du désespoir. Elle dépêcha à Rome un émissaire du nom de Banno. Polybe (v.200 - v. J.-C.) lui prête ce discours :

« Il n'est plus temps de discuter la question de droit. A cette heure les Carthaginois ne s'adressent plus qu'à la pitié des Romains. Ils n'en sont pas indignes. Pendant de longues années ils avaient observé le traité de Scipion et ils viennent de se soumettre à tout ce qu'on avait exigé d'eux.
»

Devant ce discours pathétique, le Sénat resta de marbre. La figue toute fraîche était une preuve si flagrante de la mauvaise volonté de Carthage qu'il ne restait plus qu'une option : la guerre. C'est ce qu'espérait Colin Powell en présentant, le 5 Février au Conseil de Sécurité, des preuves non moins accablantes de la duplicité de Bagdad. Il n'eut pas le même succès. Mais faisons-lui confiance, la guerre, il la fera.

Charles André Julien écrit : 
« Trois ans durant (149 - 146), comme une bête forcée, Carthage fit tête aux chasseurs, avec une vigueur que le Sénat n'avait pas prévu dans son plan. »

Même les femmes sacrifièrent leurs cheveux pour en tresser des cordes pour les catapultes. Alors Rome trouva son Bush le Fils. Ce fut Scipion Emilien, fils adoptif de Scipion l'Africain : il acheva le boulot du Père. L'histoire a quelquefois de bien intrigantes similitudes ! Des permanences peut-être ?

La population fut exterminée jusqu'au dernier. La ville fut livrée aux flammes 10 jours durant. Sophonisbe, femme du chef carthaginois Hasdrubal qui s'était rendu, pour échapper à l'humiliation, parée de tous ses bijoux, se jeta dans les flammes. Le sol de la ville, labouré et semé de sel, fut déclaré maudit. Les princes numides disparurent et les dieux de Rome remplacèrent ceux de Carthage.

Un très beau djihad, comme les Musulmans n'en ont jamais fait. Bush, Berlusconi et la Fallaci peuvent vanter la supériorité des Valeurs Occidentales. Pour que ces valeurs triomphent : Delenda est Bagdado.


Or, Bagdad, la ville des Mille et Une Nuits, nourrit notre imaginaire et alimente notre fierté. C'est à cela que Bush en veut. Car comme menace, elle est encore moins que la figue de Caton.

Elle est le symbole de notre apport à la culture et à la civilisation universelle. Même si elle n'a plus rien de sa splendeur passée, Symbole, elle reste.
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