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Géographie

Meknès. SIAGRIM- Pôle « Nature » Faune et flore du Maroc

Hassan BENMAHMOUD. lopinion.ma

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« L’information et la sensibilisation, instruments pour le développement et la conservation des ressources naturelles » est le thème choisi par le Haut Commissariat aux Eaux Forêts et à la Lutte Contre la Désertification (HCEFLCD),
présent d’une façon remarquée au pôle « Nature » du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAGRIM) avec l’objectif affiché de sensibiliser et d’éduquer la population à l’utilisation respectueuse des ressources, informer le grand public sur les multiples facettes du secteur, favoriser une meilleure utilisation de la ressource et promouvoir les différentes valorisations et utilisations des produits de la forêt.

Le pôle « Nature » qui a battu tous les records d’affluence cette année est un espace dédié à la conservation et à la protection de l’environnement et de la nature, l’exposition est composée de quatre (4) espaces d’activités :

« Principales Formations Forestières et Valorisation des Produits » est un espace qui permet de découvrir les principales activités menées par les utilisateurs/gestionnaires de la forêt ainsi que les différents produits issus de cet espace (bois, liège, PAM, tanin, miel, champignons,…). On évalue en même temps les menaces et les risques d’une exploitation non raisonnée des ressources naturelles selon M.Benhiba, directeur régional des Eaux et Forêts Meknès-Tafilalet qui s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée le lundi 23 avril au pavillon « Pôle Nature » du Salon.

La forêt marocaine joue un rôle économique d’une importance croissante, la mobilisation des produits forestiers est prise en charge par 500 entreprises d’exploitation forestière, 30 entreprises de récolte de liège, 50 unités de sciage de bois de cèdre, 14 unités de transformation de liège, une unité de fabrication de pâte à papier, 4 unités de fabrication de panneaux et 40 unités d’exploitation, de conditionnement et d’exportation de PAM. Ces activités génèrent une valeur annuelle au profit de la population usagère de près de 5 milliards de DH, une production de 30% des besoins de bois d’œuvre (220.000 m3/an) ; une contribution par 30% au bilan énergétique national (11 millions de m3/an, soit 4 millions de tonnes équivalent pétrole).

La forêt marocaine produit aussi 4% de l’offre mondiale du liège, (150.000 qx/an), 17% des besoins du cheptel (équivalent à 15 millions de qx d’orge).

Mais la forêt marocaine reste fragile et vulnérable avec des problématiques de plus en plus accrues de défrichement (6000 ha/an), de surpâturage et de prélèvement du bois de feu d’une façon anarchique. Si on ajoute à ces facteurs de dégradation directs d’autres plus ou moins indirects comme la fragilité des écosystèmes, le contexte social contraignant, le régime juridique toujours inadéquat et les moyens d’intervention pour renverser la tendance très insuffisante, on prendra conscience des dangers qui menacent nos forêts.

Le pôle « Nature » a été aussi une occasion pour faire découvrir et présenter les principaux écosystèmes forestiers et alfatiers faisant partie du domaine forestier de l’Etat. Plusieurs thématiques sont développées relatives au « cèdre », « Chêne », « arganier », « thuya »…

 Si le « cèdre » est associé au château d’eau du Maroc au Moyen Atlas avec un écosystème majeur pour la régulation du régime d’eau, support des grands fleuves et barrages du pays et qui représente un réservoir pour la biodiversité, une production de bois d’œuvre de qualité,une source importante de revenus pour les collectivités locales. Force est de constater que cet écosystème souffre d’un déséquilibre flagrant avec une pression pastorale (4 fois plus de ses possibilités), des prélèvements illicites de bois (délits organisés de coupe de boisd’œuvre),un dépérissement visible (15%) en plus de l’écorçage du cèdre occasionné par le Singe Magot (10.000 têtes environ) ;

 Le « Chêne Vert », toile de fond de la forêt marocaine est la première espèce forestière en matière de superficie au Maroc « 1.400.000 ha ». C’est un manteau forestier de la montagne et patrimoine protecteur des sols, des eaux et de la biodiversité. Un écosystème autour duquel s’est construite une économie pastorale, deux millions de têtes y pâturent à longueur d’année. C’est l’espace vital par excellence des sociétés pastorales.

L’arganier, un arbre très généreux, est le dernier rempart contre la désertification. Il possède une grande valeur biogéographique (870.000 ha), c’est une espèce endémique adaptée à la sécheresse qui permet la subsistance de 3 millions de personnes dans le sud ouest marocain. Mais c’est aussi un écosystème menacé par la pression pastorale, des prélèvements de bois comme source d’énergie, des mises en culture et une pression foncière (urbanisation) de plus en plus accrue.

Le « Chêne Liège » joue un rôle écologique et économique important. C’est une protection des agglomérations et infrastructures contre les risques d’ensablement. La production de liège destinée essentiellement à l’export est une source importante de revenus pour les collectivités locales. Le chêne liège est aussi un réservoir génétique de faune et de flore. Mais la subéraie régresse et dé densifie par les risques d’incendies, la pression pastorale, le prélèvement illicite de la quasi-totalité des glands produits et la pression sur le foncier (urbanisation).

Le « Thuya » est une espèce endémique de la méditerranée occidentale adaptée aux milieux fragiles. Il joue un rôle important de protection des sols contre l’érosion et c’est une source de matière première pour l’artisanat (75% % de l’activité artisanale à Essaouira). Les contraintes inhérentes à cet arbre ont trait à un arbitrage difficile entre rôles écologique et économique, un approvisionnement illicite du marché, l’ exportation du bois semi fini et le faible rendement dans la transformation.

Le sous pôle réservé à la présentation de la faune marocaine a permis d’évaluer les pertes. Le Maroc a connu la disparition ou la raréfaction de nombreuses espèces de faune durant ce siècle. Six espèces de mammifères ont disparu, à savoir le lion de l’Atlas, le serval, la gazelle l’oryx algazelle, l’addax et le bubale. De nombreuses autres se trouvent aujourd’hui en voix d’extinction. Afin de reconstituer cette faune, le HCEFLCD a entamé un important programme de réintroduction qui concerne plusieurs espèces :

Autruches, Gazelles Dorcas, Mouflon à manchettes, Singe Magot et Cerf de Berberie.

L’objectif, selon M. Kadaf, ingénieur des Eaux et Forêts est de sensibiliser et d’informer sur la réhabilitation de la grande faune disparue ou menacée d’extinction, la sauvegarde et la préservation des espèces menacées de disparition l’éducation à la protection de la vie sauvage, la protection et le développement durable de la faune sauvage.

Hassan BENMAHMOUD
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