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allah-logo.jpg Le fondamentalisme, qui est à distinguer du conservatisme, est le traditionalisme issu de la pensée et de l’action d’Ibn Abd al-Wahhab. Les fondamentalistes ont leurs groupes radicaux et leurs réseaux dont le plus célèbre et sans doute le mieux organisé est le réseau Al-Qaïda. Son foyer mondial, y compris sous sa forme radicale est l’Arabie Saoudite. L’action du fondamentalisme est une expression violente dirigée surtout contre l’Occident et les Etats-Unis.

Le réformisme lui, a été inauguré il y a plus d’un siècle par al-Afghani et Mohammed Abdou, continuée par Rachid Rida et surtout par l’Egyptien Hassan al-Banna, fondateur en 1928 du mouvement des Frères musulmans. Les réformistes ont, eux aussi, leurs mouvements radicaux par exemple celui de Seyyed Qotb et de La jama’at al-islamiyya, responsable de l’attentat perpétré en 1981 contre le président Saddate : « Vouloir commencer par guerroyer contre l’impérialisme, c’est une action inutile et futile, une pure perte de temps. Il nous faut nous concentrer sur notre problème musulman, à savoir l’instauration de la shar’ia dans notre propre pays avant tout, et tout y subordonner à la cause de Dieu. » Ainsi, l’action des réformistes se limite à la prise du pouvoir dans les pays musulmans pour y instaurer la shar’ia.

L’islamisme contemporain se présente donc comme un monde complexe qui s’est nourri du colonialisme et de ses conséquences, de la misère, de l’humiliation, des frustrations et de la succession des échecs dans le monde musulman, sans oublier la répression des régimes corrompus et dictatoriaux qui gouvernent ces pays.

Ces mouvements se nourrissent aussi du mépris de ces polémistes qui présentent les musulmans comme des peuplades hors du « monde libre », bizarres et adeptes d’une religion obscurantiste et réfractaire aux valeurs de la liberté et de la démocratie du « monde civilisé ».

Cette islamophobie, fait la joie des islamistes et plonge le musulman modéré dans une « vision binaire, manichéenne », qui consiste à percevoir les sociétés occidentales comme étant globalement hostiles à l’islam et aux musulmans ; cette hostilité risque d’enfermer les musulmans dans un ghetto que les islamistes veulent maintenir à tout prix pour isoler les musulmans des influences extérieures afin de réussir leur programme d’endoctrinement.

La lutte contre l’extrémisme musulman commence d’une part par la volonté de comprendre la culture musulmane et d’instaurer un dialogue dans le but d’une coexistence et non pour une domination : « si elle est authentique, la volonté de comprendre les autres cultures exclut toute ambition dominatrice. Là est l’humanisme. Sinon la barbarie l’emporte » écrit Edward Said dans « l’orientalisme ».

D’autre part, un grand effort du côté des penseurs musulmans est à faire afin de réconcilier l’islam avec la modernité et la laïcité (l’école des Mo’tazilisme nous montre que c’est une chose possible et réalisable). Cette phase doit passer par une réforme de l’islam qui favorisera l’ijtihad (effort d’interprétation) et rejettera le littéralisme.

A ce propos, Tariq Ramadan dans « les musulmans d’occident et l’avenir de l’islam », parle d’une autre lecture du coran et de la sunna, fondée sur la raison avec l’objectif proclamé de réconcilier l’islam avec la modernité, « Le Coran (...) est un texte révélé à un moment donné de l’histoire, dans un certain contexte » qui n’est évidemment pas le nôtre, et pour y arriver il faut que la pensée musulmane ne reste plus en panne.

D’autre part, il faut que, malgré les préjugés, la volonté d’exclusion et les discriminations, les musulmans (surtout les jeunes) ne doivent pas s’enfermer dans des ghettos communautaires mais s’impliquer davantage dans la société civile et devenir ainsi des citoyens à part entière respectant les valeurs et les institutions des pays dans lesquels ils vivent.



Conclusion

"demander le savoir du berceau au tombeau"


1- Ceux qui disent : concilier islam et modernité est chose impossible sont des imposteurs (l’école des mo’tazilisme en est la preuve).


2- Après cette brève analyse historique, on se rend compte que le fondamentalisme musulman a toujours été une réaction face aux agressions extérieures.


3- ces imposteurs qui utilisent l’islamisme pour jeter la suspicion sur toute une religion ont pour but d’isoler les musulmans, les discréditer et surtout les diaboliser.


4- Les musulmans ne doivent pas tomber dans ce piège et doivent, pour se battre contre ces imposteurs, utiliser des moyens intelligents : s’impliquer dans les mouvements sociaux, s’éduquer, s’instruire et bannir les violences physiques et verbales ; ce sont à mon avis, les meilleurs moyens pour combattre les préjugés, les discriminations et ne pas laisser le champs libre à ces hypocrites déguisés en humanistes qui osent justifier les nouvelles guerres coloniales.

Leïla Salam

Sources :© Oumma.com



Autres sources :

Les autres visages de l’Islam
Voyage au cœur de la Malaisie
Etudes théologiques religieuses

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