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Au XIXe siècle, le tapis marocain est l'un des produits les plus exportés vers l'Europe, en particulier vers la France. En 1867, le Sultan Moulay Abderrahman envoie, avec un célèbre commerçant de Fès, à la deuxième exposition universelle de Paris, "tout ce qu'il y a de mieux, de spécifique au Maroc, en selles de chevaux brodées au fil d'or… et de merveilleux tapis".

Dès lors, une place de choix est réservée au tapis dans les deux expositions qui ont suivi (en 1878 et en 1889).

 

 


"…Toutes sortes de produits d'artisanat national y sont exposées : de fins tapis, des armes dorées et argentées ainsi que d'autres jolis articles…", nous confie un visiteur arabe-Amin Fikri-après avoir admiré la quatrième Exposition Universelle, à propos du stand du Maroc. Moulay al-Hassan pour sa part, dès son avènement, offrit à certains chefs d'Etat européens de nombreux tapis parmi lesquels figure le tapis de Rabat.

 

A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le tissage du tapis, si l'on en croit Prosper Ricard, est une activité généralisée dans presque toutes les villes marocaines. Après ce survol historique, une question s'impose : des tapis anciens ont-ils été conservés, à l'instar de ceux d'Orient et d'Europe ?


M. J. Lessing attribue au Maroc certains tapis de laine à poil de chèvre très fins qu'il date d'ailleurs des XVe-XVIe siècles -hypothèse controversée- conservés au Kungstenwerk Museum et au Victoria and Albert Museum. A défaut de spécimens hispano-maghrébins, un tapis de laine recueilli au Musée Archéologique de Grenade serait la plus ancienne œuvre hispano-mauresque attestée.

 

L'époque mudéjare, qui prolonge les procédés mûris en Espagne musulmane, a légué de beaux tapis s'échelonnant du XIVe au XVIIe siècles et comptant parmi les collections de musées.

Au Maroc, les tapis les plus anciens remontent au XVIIIe siècle: celui de Chiadma, daté avec exactitude (1202h/1787J.C.), en porte témoignage. Les travaux de Prosper Ricard ont révélé plusieurs réalisations du XIXe siècle, dont la plupart sont des tapis de Rabat.


L'industrie du tapis a subi, au cours du XXe siècle, d'importantes transformations. Au lendemain du protectorat, le Service des Arts indigènes s'est soucié de cette production. Un répertoire, incomplet certes mais combien important, a été établi. La collecte des spécimens anciens, dont un certain nombre subsiste encore dans les musées marocains -le Musée des Oudayas à Rabat, Dar Batha à Fès, Dar Si Saïd à Marrakech-, s'est ensuivie.

 

Grâce aux ateliers expérimentaux installés dans certaines villes, notamment à Rabat, les techniques ont été étudiées et mises en application. Ces ateliers élaboraient des maquettes d'anciennes pièces et préparaient des couleurs végétales conformément aux recettes traditionnelles. Ces produits, mis ensuite à la disposition des tisseuses de Rabat, des régions de Meknès et de Marrakech, ont permis d'obtenir des tapis fidèles aux anciens modèles.

Cet encadrement technique était soutenu par l'organisation d'un réseau commercial efficace. Ces dispositions ont eu pour effet de stopper l'utilisation des couleurs chimiques - diffusées par les marchands israélites - qui avaient touché, dès la fin du XIXe siècle, les principaux centres de production.


L'utilisation de maquettes d'anciennes pièces avait d'abord abouti à la stéréotypie de certains genres de tapis (celui de Rabat en particulier), et avait relégué la tisseuse au rôle d'exécutante dépourvue de toute créativité.

 



Les années 1940 voient naître les coopératives ; dès lors, la fabrication du tapis constitue un secteur actif de l'économie marocaine. La multiplication des centres de fabrication à travers le pays, depuis l'Indépendance, a fait apparaître d'autres genres de tapis tels ceux de Fès, de Boujaâd, etc.

Yassine, ArtSouk-Marrakech
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