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Le marbre, la pierre et le plâtre

Yassine Leghrairi

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A l'époque médiévale, le marbre servit à paver les cours des grands édifices ainsi qu'à l'ornementation des vasques, fontaines, rebords de bassins...

Mosquées et medersas, attestent encore, l'emploi fréquent de ce matériau habilement travaillé ; en témoignent les chapiteaux de la mosquée el Karawiyine de Fès ou les vestiges provenant du fameux palais de la Badia à Marrakech

On utilisait également le marbre dans l'architecture funéraire : nécropole du Chellah à Rabat, ou mausolée des princes Saadiens à Marrakech.

La pierre taillée était réservée au parement des façades, notamment à l'encadrement des portes, parfois enrichi de sculptures. Elle joua, comme le montre la porte des Oudayas à Rabat, surtout un rôle décoratif.

Le plâtre remplace la pierre à l'intérieur des salles et même sur les façades des cours. Sur une surface enduite de plâtre, l'artisan traçait à la pointe sèche le dessin projeté puis, à l'aide de ciseaux et de burins, découpait dans le plâtre frais les ornements dont il avait fait le croquis.

Techniques

Extrait, récupéré, remodelé, le marbre rehausse par sa pureté et sa beauté les lieux qu'il habille. En contraste avec la brutalité de son origine, noble et délicat, il apparaît à la maturité des civilisations et exprime souvent un défi lancé au temps.

Une fois extrait de la carrière, le marbre arrive chez le marbrier sous forme d'énormes blocs. Il est travaillé artisanalement lorsqu’il s'agit de sculpter toute œuvre d'art.

Lorsqu'il s'agit de travail en volume, tel que fontaines ou chapiteau, le bloc est découpé sur six faces. Le sculpteur trace ensuite son épure directement sur le matériau et à mesure que se dégage le volume de la pièce à exécuter, il trace et retrace à nouveau au fur et à mesure que celle-ci s'estompe sous les ciseaux.
La délicatesse de l'ouvrage impose au sculpteur une propreté d'environnement.
Intervient ensuite le polissage lorsque la sculpture proprement dite est achevée, travail délicat de finesse, de précision et de patience.
Les opérations de façonnage sont longues du fait de la dureté du matériau et paradoxalement de sa fragilité.

Les ouvrages que le maallem marbrier est le plus souvent appelé à réaliser sont :

Les piliers, colonnes

La colonne
On retrouve dans les constructions musulmanes la colonne antique avec tous composants ses d'origine : un fût monolithique galbé, un chapiteau pyramidal le plus souvent de style corinthien ou composite, une base discrète à même le sol.

C'est au XIVème siècle que la colonne hispano-mauresque apparaît dans la pureté de sa ligne. Son fût d'une seule pièce est désormais cylindrique, d'une proportion plus allongée qui lui confère sveltesse et élégance. Surmontée du caractéristique chapiteau à dé cubique qui prolonge si parfaitement le fût, la colonne est souvent accouplée.

Son histoire n'est qu'une suite de conquêtes qui s'étendent à l'ensemble du Maghreb où elle impose à l'édifice un rythme nouveau.

Le chapiteau

Le chapiteau, épanouissement de la colonne, à travers des modifications successives, va définir un ordre nouveau au Maroc, libéré de l'empreinte gréco-romaine.

Les chapiteaux maghrébins se développent sous deux grandes influences : les uns directement inspirés des modèles antiques les autres plus spécifiquement d'inspiration andalouse.

La modification la plus importante concerne le volume du chapiteau. Le galbe tronconique primitif disparaît peu à peu et se transforme en deux parties qui s'opposent, l'une inférieure et cylindrique, l'autre supérieure et cubique. La partie prismatique du chapiteau andalou va recevoir une abondante décoration d'entrelacs, de fleurons ou de calligraphie, tandis que le cylindre inférieur conservera le ruban serpenté en une sorte de broderie légère.

L'évolution de cet élément architectural sera continu. Des chapiteaux Saadiens de Marrakech jusqu'à ceux de nos jours, se développe l'expression d'un art authentique et vivant.

- Les sols : esplanades, patios, allées de jardins peuvent être habillés soit de plaques du même matériau, soit de deux ou plusieurs types de marbres, soit encore de carreaux de marbre entrecoupés de zelliges. Ce mélange de marbre et de zelliges a pour but une recherche non seulement décorative mais aussi technique ; les joints de zelliges évitent au marbre les inconvénients de la dilatation qui peut être importante en raison des grands écarts de température que l'on rencontre à Fès ou Marrakech.

- Les fontaines : la vasque est toujours taillée dans un seul bloc de marbre de carrare.
- Les revêtements muraux.



Cette sculpture sur plâtre ne fait intervenir qu'un nombre restreint de formes décoratives mais les artisans évitaient la monotonie des motifs sans cesse repris, en creusant  plus profondément certaines zones, créant ainsi, de nouvelles techniques d'effets d'ombre plus ou moins accentués.
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